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Reddition des français à Montréal en 1760
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La guerre de Sept Ans est une guerre qui, de 1756 à 1763, opposa d'une part la Prusse, alliée à l'Angleterre et au Hanovre, d'autre part l'Autriche, alliée à la France, à la Russie, puis à l'Espagne et à la Suède.
Les principaux belligérants poursuivaient en fait des objectifs différents, répondant à leurs intérêts particuliers. La paix d'Aix-la-Chapelle avait en effet ouvert une brève ère de prospérité pour la France, qui la mit à profit pour relever sa marine, développer son commerce et donner un nouvel essor à ses colonies. Aussi, le désir qu'avait l'Autriche de récupérer la Silésie, dont la Prusse s'était emparée au terme de la guerre de la Succession d'Autriche (1748), allait-il fournir à l'Angleterre l'opportunité de mettre un coup d'arrêt au redressement de la puissance navale de la france et de ruiner son expansion coloniale en Amérique du Nord et en Inde. C'est ainsi que la guerre se déroula sur deux théâtres d'opérations bien séparés, en Europe et dans les colonies.
Le renversement des alliances
Au cours des années 1755-1756,
on assista donc à un véritable renversement des
alliances. En 1756, Marie-Thérèse et son ministre Kaunitz
s'assurèrent de l'alliance avec la Russie.
Frédéric II,
de son côté, inquiet d'un accord anglo-russe, signa
avec la Grande-Bretagne l'accord de Westminster (16
janvier 1756). Du coup, la France, isolée, rechercha
d'abord l'alliance avec l'Autriche (traité de
Versailles, 1
er
mai 1756), puis avec la Russie et,
accessoirement, avec la Pologne et la Suède.
Les hostilités furent
déclenchées par Frédéric II, qui,
craignant une attaque simultanée venant de l'est (Russie)
et du sud (Autriche), prit les devants et, sans déclaration de
guerre, se jeta sur la Saxe (octobre 1756) puis sur la Bohême
(printemps 1757), qui capitulèrent. Deux guerres distinctes se
déroulèrent alors : une guerre franco-anglaise,
menée surtout sur mer et aux colonies, et accessoirement en
Allemagne occidentale; une guerre livrée contre la Prusse par
la coalition franco-austro-russe en Allemagne orientale, en
Silésie, aux frontières de la Bohême et de la
Pologne.
La guerre maritime et coloniale
Ce fut celle dont les conséquences à long terme furent les plus sensibles pour la France, et dont les désastres ne purent jamais être réparés. Elle avait pourtant commencé par quelques succès français (prise des Baléares aux Anglais par le maréchal de Richelieu, en 1756), mais, l'inflexible William Pitt («le Premier Pitt»), devenu Premier ministre en 1757, allait mettre toute son énergie à exalter le réveil du sens national britannique et à mener dès lors sans défaillance, sur mer et aux colonies, la guerre contre la France.
La lutte fut particulièrement rude en Amérique. En 1758, après quelques succès du marquis de Montcalm, soutenu par le dévouement des Canadiens mais abandonné par la métropole, les Français perdirent l'île du Cap-Breton, les forts du lac Ontario et du bord de l'Ohio. En 1759, le gouvernement français refusant de faire l'effort militaire nécessaire, la disproportion des forces s'aggrava encore et, finalement, les Anglais s'emparèrent de Québec; Montcalm trouva la mort dans la bataille ; le lac Champlain était perdu. La capitulation de Montréal (1760) mit fin aux opérations. L'Angleterre s'était emparé du Canada. Les Antilles subirent le même sort. En Afrique, enfin, les Anglais s'emparaient du Sénégal.
En Inde, où Dupleix fondait la souveraineté française, les incidents entre Anglais et Français s'étaient multiplié, et la Grande-Bretagne, qui voyait avec inquiétude ce relèvement des forces françaises, protesta contre la politique du gouverneur : peu clairvoyante, la Compagnie des Indes avait relevé Dupleix de ses fonctions (1754) et l'avait remplacé par un nouveau gouverneur, Godeheu. Celui-ci signa avec les Anglais le traité de Madras (1754) qui annonçait la ruine des ambitions françaises dans l'Hindoustan. Le gouvernement français, qui finit cependant par s'inquiéter des progrès britanniques, envoya alors Lally, baron de Tollendal, soldat vaillant mais administrateur médiocre. Arrivé à Pondichéry en 1758, il commença par s'emparer de Gondehour et vint asséger Madras; mais la faiblesse numérique des troupes françaises permit aux Anglais prendre le contrôle du Bengale tout entier puis de conquérir Karikal (1760); assiégé à son tour dans Pondichéry, Lally-Tollendal se défendit héroïquement, mais, vaincues par la famine, les troupes françaises durent capituler (1761). Les Anglais s'emparèrent alors de Mahé. L'œuvre de Dupleix était anéantie. Le gouvernement français avait préféré garder ses forces pour la guerre continentale. Rentré en France, Lally-Tollendal fut mis en accusation, condamné à mort et exécuté. Son fils obtint plus tard la réhabilitation de sa mémoire.
La guerre continentale
En 1757, tandis que la Suède
entrait dans la coalition antiprussienne,
Frédéric II se retrouvait quasi seul après sa
conquête de la Saxe. Battu à Kolin par les Autrichiens
(18 juin 1757) pendant que ses lieutenants l'étaient par
les Russes, qui envahissaient la Prusse-Orientale, et que le
maréchal de Richelieu forçait les Anglo-Hanovriens du duc
de Cumberland à capituler à Kloster Zeven, il se retrouva
enveloppé par tous ses ennemis et sembla perdu.
L'incompétence du maréchal de Soubise le sauva et
permit à la Prusse de réparer ses revers par son
éclatante victoire de Rossbach (5 novembre 1757) qui fut un
désastre pour l'armée française, qui dut se
replier sur le Rhin. Frédéric II paracheva ce
redressement par ses victoires sur les Autrichiens, battus à
Leuthen (5 novembre 1757), puis sur les Russes, qu'il
défit un mois après à Zorndorf (5 décembre
1757)
Mais, l'année suivante, la
Prusse, accablée par la supériorité numérique
des forces adverses, se trouva de nouveau dans une situation
très critique. Défait à Kunersdorf par les
Austro-Russes (12 août 1759), Frédéric II vit sa
capitale menacée, et même occupée et pillée
par les Russes (1760). Jamais il n'avait été aussi
près de la ruine. Mais la supériorité de son
génie militaire, la discipline de ses troupes, lui permirent
tout d'abord de limiter les dégats (victoire de Torgau,
3 novembre 1760). Il fut sauvé par la mort de la tsarine
Elisabeth (5 janvier 1762) : celle-ci laissait en effet son
trône à son neveu Pierre III, allemand et fervent
admirateur de Frédéric II; le nouveau tsar signa
la paix avec la Prusse (5 mai 1762); la Suède, à son
tour, se retira de l'alliance antiprusienne. Sa victoire sur
les Autrichiens à Burkersdorf (21 juillet 1762) permit alors
à Frédéric II de récupérer la
Silésie.
Des pourparlers de paix étaient
déjà engagés entre la France et l'Angleterre,
lorsque la guerre fut relancée par l'alliance
franco-espagnole des Bourbons. Le duc de Choiseul essaya en effet
de redresser la diplomatie de la France en la détournant des
complications continentales : par le «pacte de Famille»
(1761), il fit conclure une alliance entre les Bourbons de France,
d'Espagne et d'Italie pour potéger leurs ports et
leurs frontières contre la domination menaçante de
l'Angleterre. Ce pacte eut dans l'imméditat pour
résultat d'entraîner la chute du gouvernement de
William Pitt et des whigs, que remplaçèrent les tories et
Lord Bute, avec qui la conclusion de la paix semblait possible.
La guerre de Sept Ans se termina donc par une double victoire
anglo-prussienne. La France, éliminée de
l'Amérique et de l'Inde, perdait ainsi son premier
empire colonial, mais, à l'époque, nul ne s'en
soucia.
Les traités de Paris et d'Hubertsbourg (1763)
Le 15 février 1763, la Prusse et
l'Autriche signèrent la paix d'Hubertsbourg, qui
laissait définitivement la Silésie à la Prusse.
Quelques jours auparavant, la France avait conclu avec
l'Angleterre et l'Espagne le traité de Paris (10
février 1763); en Amérique, elle perdait la
Nouvelle-France (le Canada), l'île du Cap-Breton, ses
possessions à l'est du Mississipi (la partie occidentale
de la Louisiane ayant été cédée à
l'Espagne un an auparavant); dans les Antilles, elle perdait la
Grenade, Saint-Vincent, la Dominique et Tobago, mais
récupérait Sainte-Lucie, la Guadeloupe, Marie-Galante, la
Désirade et la Martinique. En Inde, elle ne conservait que les
cinq comptoirs de Chandernagor, Yanaon, Pondichéry, Karikal et
Mahé, qu'il lui était interdit de fortifier. La
Grande-Bretagne récupérait Minorque et l'Espagne
Cuba, en compensation de la perte de la Floride (passée à
l'Angleterre avec le Canada).
La guerre de Sept Ans fut donc particulièrement funeste
pour la France, qui vit son prestige militaire compromis en Europe,
sa marine très affaiblie, ses finances ruinées; elle ne
conservait que quelques lambeaux de son empire colonial en
formation, qui passait presque entièrement aux mains de
l'Angleterre.
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