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Sikhs (Golden Temple)
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La doctrine sikh
Adeptes d'une religion originale et méconnue, les sikhs vivent, pour leur grande majorité, en Inde dans le Pendjab, l'Haryana et l'Etat de Delhi, mais on en rencontre dans de nombreux pays occidentaux.
Les hommes sont reconnaissables au turban dans lequel ils disposent avec précaution leur chevelure, qu'ils ne coupent jamais, tout comme leur barbe. On nomme la religion sikh le Panth.
Il vaut mieux tâcher de définir la doctrine sikh par ses caractéristiques propres plutôt que de la réduire à une simple tentative de conciliation entre islam et hindouisme. S'il est possible que le premier gourou, qui vivait en pays hindou, ait effectué un voyage à La Mecque, cela ne signifie pourtant pas qu'il ait voulu établir une voie moyenne entre les deux religions.
Quant à l'hindouisme, l'une des différences fondamentales entre les gourous sikhs et hindous consiste en ce que les sikhs ne demandèrent jamais à leurs disciples de se retirer du monde pour venir vivre et méditer dans un ashram. Les sikhs, par ailleurs, même s'ils n'ont qu'imparfaitement aboli le système de castes puisque certains préjugés subsistent, proclament l'égalité entre l'homme et la femme ; de plus, ils croient à la possibilité pour chacun, quelle que soit la caste dont il est issu, de parvenir à la libération, c'est-à-dire d'échapper au cycle des réincarnations, ce qui est en contradiction fondamentale avec l'hindouisme.
La doctrine sikh, qui est exprimée dans l'Adi Granth, affirme l'unité de Dieu, quel que soit le nom que les différentes fois peuvent lui donner. Si Dieu est ainsi impersonnel et sans forme, il ne peut pas, à l'inverse de ce que croient les hindous, s'incarner en un avatar. Mais s'il est à la fois inconcevable et inconnaissable, Dieu peut cependant être perçu par l'homme, puisque le monde, créé par sa seule volonté, le rend manifeste. Aux gourous revenait le devoir de montrer Dieu aux hommes, et notamment de révéler ses noms dans leurs compositions poétiques.
Les dix gourous personnels
Le premier gourou et fondateur de la
religion des sikhs fut Gourou Nanak, qui naquit en 1469 au
sein d'une famille kshatri, une caste de marchands urbains,
dans les environs de Lahore - tous les gourous sikhs sont issus de
cette même caste. Alors qu'il devait être
âgé d'une vingtaine d'années, Nanak
était en train de faire ses ablutions lorsqu'il rencontra
le Seigneur suprême, qui l'invita à enseigner aux
hommes la façon de prier Dieu. Il prêcha alors durant
vingt-quatre ans, faisant de nombreux disciples ; il désigna
son successeur, Gourou Angad, avant de mourir, en 1539.
Après Gourou Angad (1504-1552), Gourou
Amar Das (1479-1574) s'attacha particulièrement à
assurer aux femmes une place digne dans la société ; il
s'opposa tout autant au purdah musulman (mise à
l'écart des femmes) qu'à la coutume hindoue des
sati, ces veuves qui devaient se sacrifier sur le bûcher de
leur mari afin de les suivre dans le cycle des réincarnations.
Il institua également divers rites, notamment pour la
naissance, le mariage et les funérailles, afin que les sikhs
puissent se passer des cérémonies hindouistes. Il ouvrit
enfin les rangs des disciples aux jat, l'élite paysanne.
Sous le quatrième gourou, Ram Das
(1534-1581), Amritsar - au départ simple étang - devint
la capitale des sikhs. Gourou Arjun (1563-1606), fils et successeur
de Ram Das, fit sortir le sikhisme du simple cadre religieux pour
en faire un mode de société ; administrant la région
d'Amritsar, il préleva des impôts sur les sikhs et
fit construire le Harimandir, ou temple de Dieu. Il fonda
également les deux villes saintes de Tarn Taran et de
Kartarpour. L'empereur
moghol Jahangir,
inquiet de la puissance montante des sikhs, captura le gourou et le
fit assassiner ; c'est à partir de ce mom
ent que les sikhs se tournèrent
résolument vers la voie des armes - de nos jours encore, de
nombreux sikhs servent dans l'armée indienne.
Gourou Hargobind (1595-1645), fils
d'Arjun, organisa militairement la communauté sikh, en vue
de sa défense contre l'empereur
moghol ; des
hindous se rapprochèrent alors des sikhs et se placèrent
sous leur protection. Le conflit devint inévitable, et
Hargobind vainquit l'armée de Shah Jahan, assurant ainsi
à sa communauté une période de paix.
Après les gourous Har Rai (1630-1661) et
Har Krishan (1656-1664), Tegh Bahadur (1622-1676), neuvième
gourou, fut décapité pour avoir refusé de se
convertir à l'islam.
Sous le dixième gourou, Gobind Singh
(1666-1708), les sikhs entrèrent en rébellion ouverte
contre les Moghols musulmans. Gobind Singh créa l'ordre
militaire du Khalsa ou «organisation de la pureté»,
dont les membres allaient désormais revêtir cinq
emblèmes, les «cinq k» : kesha, cheveux et barbe non
coupés ; kangha, qui désigne le peigne servant à
garder la chevelure bien ordonnée ; kara, un bracelet en
métal ; kaccha, des culottes ; kirpan, un court poignard
recourbé. Les femmes initiées au Khalsa portent les
mêmes emblèmes. L'autre réforme fondamentale de
Gobind Singh consista à déclarer l'Adi Granth, qui
est le livre saint des sikhs, comme gourou, marquant ainsi la fin
de la lignée des gourous «personnels» ; l'Adi
Granth devint ainsi le «gourou Granth».
Les sikhs de 1708 à nos jours
Les empereurs moghols, après une
courte période d'entente avec les sikhs, reprirent et
intensifièrent la répression. Mais la valeur militaire
des sikhs permit peu à peu à ces derniers de se
constituer un
royaume, l'Etat du Khalsa, créé par Ranjit Singh
(1780-1839). Il parvint à s'emparer de Lahore
en 1799, et se fit sacrer empereur du Pendjab. Les
Britanniques parvinrent à leur tour à occuper le Pendjab,
qui tomba définitivement sous leur domination en 1849, et
devint dès lors une partie de l'empire britannique des
Indes.
Après une période de
difficultés, le sikhisme connut un renouveau grâce
à la Singh Sabha, une association qui se fixait pour
objectif de restaurer la croyance des sikhs dans sa forme
originelle et d'obtenir des Britanniques un programme
d'éducation respectueux de leurs particularités.
Au début du XX
e
siècle, les sikhs
s'engagèrent dans les mouvements en faveur de
l'indépendance de l'Inde. En 1947, lors de
l'indépendance de l'Inde, leur Etat fut scindé
en deux, une partie rejoignant le
Pakistan
musulman, tandis que la majeure partie du territoire devenait
indienne, dans un pays à majorité hindoue ; dans le
nouvel Etat indien du Pendjab, 35% de la population était
sikh, contre 61 % d'hindouistes. La partition du Pendjab
fut meurtrière, nourrissant chez les sikhs la nostalgie
d'un Etat indépendant, le Khalistan. En 1966, le
Pendjab fut amputé de territoires à forte majorité
hindoue, qui formèrent l'Haryana ; dans le Pendjab, les
sikhs se retrouvèrent alors majoritaire (60 % de la
population).
En 1978, à Amritsar, des
affrontements entre sikhs et nirankaris - adeptes d'une secte
jugée hérétique par les sikhs - firent plusieurs
morts. La tension s'accrut encore avec le retour au pouvoir
d'Indira Gandhi en 1980 et la nomination de Zail Singh
comme ministre de l'Intérieur. Celui-ci accusa un
important dirigeant politique et religieux sikh, Sant
Bhindrawale, de l'assassinat d'un gourou narankari, mais
il dut le remettre en liberté.
L'activisme sikh ne cessant pas, le
4 juin 1984, Indira Gandhi fit investir le temple d'Or
d'Amritsar, où se tenait Bhindrawale. Le dirigeant sikh
fut tué ; Indira Gandhi devait à son tour être
assassinée par deux de ses gardes du corps sikhs, le
30 octobre suivant. Depuis, bien que la tension soit
retombée, la revendication d'un Khalistan indépendant
demeure forte, particulièrement dans l'importante diaspora
sikh.
La doctrine sikh
Il vaut mieux tâcher de définir la doctrine sikh par ses caractéristiques propres plutôt que de la réduire à une simple tentative de conciliation entre islam et hindouisme. S'il est possible que le premier gourou, qui vivait en pays hindou, ait effectué un voyage à La Mecque, cela ne signifie pourtant pas qu'il ait voulu établir une voie moyenne entre les deux religions. Quant à l'hindouisme, l'une des différences fondamentales entre les gourous sikhs et hindous consiste en ce que les sikhs ne demandèrent jamais à leurs disciples de se retirer du monde pour venir vivre et méditer dans un ashram.
Les sikhs, par ailleurs, même s'ils n'ont qu'imparfaitement aboli le système de castes puisque certains préjugés subsistent, proclament l'égalité entre l'homme et la femme ; de plus, ils croient à la possibilité pour chacun, quelle que soit la caste dont il est issu, de parvenir à la libération, c'est-à-dire d'échapper au cycle des réincarnations, ce qui est en contradiction fondamentale avec l'hindouisme.
La doctrine sikh, qui est exprimée dans l'Adi Granth, affirme l'unité de Dieu, quel que soit le nom que les différentes fois peuvent lui donner. Si Dieu est ainsi impersonnel et sans forme, il ne peut pas, à l'inverse de ce que croient les hindous, s'incarner en un avatar. Mais s'il est à la fois inconcevable et inconnaissable, Dieu peut cependant être perçu par l'homme, puisque le monde, créé par sa seule volonté, le rend manifeste. Aux gourous revenait le devoir de montrer Dieu aux hommes, et notamment de révéler ses noms dans leurs compositions poétiques
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