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Les sikhs


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Sommaire

 La doctrine sikh
 Les dix gourous personnels
 Les sikhs de 1708 à nos jours
 La doctrine sikh

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Sikhs (Golden Temple)

La doctrine sikh

Adeptes d'une religion originale et méconnue, les sikhs vivent, pour leur grande majorité, en Inde dans le Pendjab, l'Haryana et l'Etat de Delhi, mais on en rencontre dans de nombreux pays occidentaux.

Les hommes sont reconnaissables au turban dans lequel ils disposent avec précaution leur chevelure, qu'ils ne coupent jamais, tout comme leur barbe. On nomme la religion sikh le Panth.  

Il vaut mieux tâcher de définir la doctrine sikh par ses caractéristiques propres plutôt que de la réduire à une simple tentative de conciliation entre islam et hindouisme. S'il est possible que le premier gourou, qui vivait en pays hindou, ait effectué un voyage à La Mecque, cela ne signifie pourtant pas qu'il ait voulu établir une voie moyenne entre les deux religions.

Quant à l'hindouisme, l'une des différences fondamentales entre les gourous sikhs et hindous consiste en ce que les sikhs ne demandèrent jamais à leurs disciples de se retirer du monde pour venir vivre et méditer dans un ashram. Les sikhs, par ailleurs, même s'ils n'ont qu'imparfaitement aboli le système de castes puisque certains préjugés subsistent, proclament l'égalité entre l'homme et la femme ; de plus, ils croient à la possibilité pour chacun, quelle que soit la caste dont il est issu, de parvenir à la libération, c'est-à-dire d'échapper au cycle des réincarnations, ce qui est en contradiction fondamentale avec l'hindouisme.  

La doctrine sikh, qui est exprimée dans l'Adi Granth, affirme l'unité de Dieu, quel que soit le nom que les différentes fois peuvent lui donner. Si Dieu est ainsi impersonnel et sans forme, il ne peut pas, à l'inverse de ce que croient les hindous, s'incarner en un avatar. Mais s'il est à la fois inconcevable et inconnaissable, Dieu peut cependant être perçu par l'homme, puisque le monde, créé par sa seule volonté, le rend manifeste. Aux gourous revenait le devoir de montrer Dieu aux hommes, et notamment de révéler ses noms dans leurs compositions poétiques.


Les dix gourous personnels
Le premier gourou et fondateur de la religion des sikhs fut Gourou Nanak, qui naquit en 1469 au sein d'une famille kshatri, une caste de marchands urbains, dans les environs de Lahore - tous les gourous sikhs sont issus de cette même caste. Alors qu'il devait être âgé d'une vingtaine d'années, Nanak était en train de faire ses ablutions lorsqu'il rencontra le Seigneur suprême, qui l'invita à enseigner aux hommes la façon de prier Dieu. Il prêcha alors durant vingt-quatre ans, faisant de nombreux disciples ; il désigna son successeur, Gourou Angad, avant de mourir, en 1539.  

Après Gourou Angad (1504-1552), Gourou Amar Das (1479-1574) s'attacha particulièrement à assurer aux femmes une place digne dans la société ; il s'opposa tout autant au purdah musulman (mise à l'écart des femmes) qu'à la coutume hindoue des sati, ces veuves qui devaient se sacrifier sur le bûcher de leur mari afin de les suivre dans le cycle des réincarnations. Il institua également divers rites, notamment pour la naissance, le mariage et les funérailles, afin que les sikhs puissent se passer des cérémonies hindouistes. Il ouvrit enfin les rangs des disciples aux jat, l'élite paysanne.  

Sous le quatrième gourou, Ram Das (1534-1581), Amritsar - au départ simple étang - devint la capitale des sikhs. Gourou Arjun (1563-1606), fils et successeur de Ram Das, fit sortir le sikhisme du simple cadre religieux pour en faire un mode de société ; administrant la région d'Amritsar, il préleva des impôts sur les sikhs et fit construire le Harimandir, ou temple de Dieu. Il fonda également les deux villes saintes de Tarn Taran et de Kartarpour. L'empereur moghol Jahangir, inquiet de la puissance montante des sikhs, captura le gourou et le fit assassiner ; c'est à partir de ce mom ent que les sikhs se tournèrent résolument vers la voie des armes - de nos jours encore, de nombreux sikhs servent dans l'armée indienne.  

Gourou Hargobind (1595-1645), fils d'Arjun, organisa militairement la communauté sikh, en vue de sa défense contre l'empereur moghol ; des hindous se rapprochèrent alors des sikhs et se placèrent sous leur protection. Le conflit devint inévitable, et Hargobind vainquit l'armée de Shah Jahan, assurant ainsi à sa communauté une période de paix.  

Après les gourous Har Rai (1630-1661) et Har Krishan (1656-1664), Tegh Bahadur (1622-1676), neuvième gourou, fut décapité pour avoir refusé de se convertir à l'islam.

Sous le dixième gourou, Gobind Singh (1666-1708), les sikhs entrèrent en rébellion ouverte contre les Moghols musulmans. Gobind Singh créa l'ordre militaire du Khalsa ou «organisation de la pureté», dont les membres allaient désormais revêtir cinq emblèmes, les «cinq k» : kesha, cheveux et barbe non coupés ; kangha, qui désigne le peigne servant à garder la chevelure bien ordonnée ; kara, un bracelet en métal ; kaccha, des culottes ; kirpan, un court poignard recourbé. Les femmes initiées au Khalsa portent les mêmes emblèmes. L'autre réforme fondamentale de Gobind Singh consista à déclarer l'Adi Granth, qui est le livre saint des sikhs, comme gourou, marquant ainsi la fin de la lignée des gourous «personnels» ; l'Adi Granth devint ainsi le «gourou Granth».  
 

Les sikhs de 1708 à nos jours
Les empereurs moghols, après une courte période d'entente avec les sikhs, reprirent et intensifièrent la répression. Mais la valeur militaire des sikhs permit peu à peu à ces derniers de se constituer un royaume, l'Etat du Khalsa, créé par Ranjit Singh (1780-1839). Il parvint à s'emparer de Lahore en 1799, et se fit sacrer empereur du Pendjab. Les Britanniques parvinrent à leur tour à occuper le Pendjab, qui tomba définitivement sous leur domination en 1849, et devint dès lors une partie de l'empire britannique des Indes.  

Après une période de difficultés, le sikhisme connut un renouveau grâce à la Singh Sabha, une association qui se fixait pour objectif de restaurer la croyance des sikhs dans sa forme originelle et d'obtenir des Britanniques un programme d'éducation respectueux de leurs particularités.  

Au début du XX e  siècle, les sikhs s'engagèrent dans les mouvements en faveur de l'indépendance de l'Inde. En 1947, lors de l'indépendance de l'Inde, leur Etat fut scindé en deux, une partie rejoignant le Pakistan musulman, tandis que la majeure partie du territoire devenait indienne, dans un pays à majorité hindoue ; dans le nouvel Etat indien du Pendjab, 35% de la population était sikh, contre 61 % d'hindouistes. La partition du Pendjab fut meurtrière, nourrissant chez les sikhs la nostalgie d'un Etat indépendant, le Khalistan. En 1966, le Pendjab fut amputé de territoires à forte majorité hindoue, qui formèrent l'Haryana ; dans le Pendjab, les sikhs se retrouvèrent alors majoritaire (60 % de la population).  

En 1978, à Amritsar, des affrontements entre sikhs et nirankaris - adeptes d'une secte jugée hérétique par les sikhs - firent plusieurs morts. La tension s'accrut encore avec le retour au pouvoir d'Indira Gandhi en 1980 et la nomination de Zail Singh comme ministre de l'Intérieur. Celui-ci accusa un important dirigeant politique et religieux sikh, Sant Bhindrawale, de l'assassinat d'un gourou narankari, mais il dut le remettre en liberté.

L'activisme sikh ne cessant pas, le 4 juin 1984, Indira Gandhi fit investir le temple d'Or d'Amritsar, où se tenait Bhindrawale. Le dirigeant sikh fut tué ; Indira Gandhi devait à son tour être assassinée par deux de ses gardes du corps sikhs, le 30 octobre suivant. Depuis, bien que la tension soit retombée, la revendication d'un Khalistan indépendant demeure forte, particulièrement dans l'importante diaspora sikh.

La doctrine sikh

Il vaut mieux tâcher de définir la doctrine sikh par ses caractéristiques propres plutôt que de la réduire à une simple tentative de conciliation entre islam et hindouisme. S'il est possible que le premier gourou, qui vivait en pays hindou, ait effectué un voyage à La Mecque, cela ne signifie pourtant pas qu'il ait voulu établir une voie moyenne entre les deux religions. Quant à l'hindouisme, l'une des différences fondamentales entre les gourous sikhs et hindous consiste en ce que les sikhs ne demandèrent jamais à leurs disciples de se retirer du monde pour venir vivre et méditer dans un ashram.

 

Les sikhs, par ailleurs, même s'ils n'ont qu'imparfaitement aboli le système de castes puisque certains préjugés subsistent, proclament l'égalité entre l'homme et la femme ; de plus, ils croient à la possibilité pour chacun, quelle que soit la caste dont il est issu, de parvenir à la libération, c'est-à-dire d'échapper au cycle des réincarnations, ce qui est en contradiction fondamentale avec l'hindouisme.

 

La doctrine sikh, qui est exprimée dans l'Adi Granth, affirme l'unité de Dieu, quel que soit le nom que les différentes fois peuvent lui donner. Si Dieu est ainsi impersonnel et sans forme, il ne peut pas, à l'inverse de ce que croient les hindous, s'incarner en un avatar. Mais s'il est à la fois inconcevable et inconnaissable, Dieu peut cependant être perçu par l'homme, puisque le monde, créé par sa seule volonté, le rend manifeste. Aux gourous revenait le devoir de montrer Dieu aux hommes, et notamment de révéler ses noms dans leurs compositions poétiques
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Les religions
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L'hindouisme
Le temps de la compagnie des Indes




 
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