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L'écriture


© Olivier Rouault (Maison de l'Orient Méditerranéen, Lyon)

Sommaire

 Les premiers signes
 Signes idéographiques et syllabiques
 L'écriture cunéiforme
 Les autres écritures
 Les alphabets
 Typologie des principaux textes mésopotamiens

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Les premières écritures

Les premiers signes
L'écriture a été inventée pour les besoins de l'administration. Il s'agit au début, en Mésopotamie, d'un système très rudimentaire, ne comportant que des chiffres et des idéogrammes, sortes de petits dessins servant à désigner des objets, des êtres animés ou des idées. En Mésopotamie et en Elam (Iran), les premiers signes sont tracés ou imprimés sur des sortes de boules en argile contenant des jetons de formes différentes. Chaque jeton représentait sans doute un objet ou une collection d'objets. On pouvait ainsi garder souvenir de transactions ou de procédures administratives. C'est sans doute pour éviter d'avoir à briser la bulle à chaque vérification qu'on a imprimé sur sa surface la forme des jetons qu'elle contenait.

Ensuite, le système sera simplifié et on se contentera de d'imprimer ou de tracer les signes sur un morceau d'argile en forme de bulle aplatie ou de parallélépipède : ce sont les premières tablettes.

Signes idéographiques et syllabiques
Cette écriture évolua vers le syllabisme lorsque les Sumériens eurent l'idée d'utiliser les signes pour leur valeur phonétique. On put ainsi noter des particules qui n'avaient pas de valeur sémantique simple (pronoms, adverbes, etc.) et décomposer des mots complexes ou longs en syllabes.

La forme des signes a évolué tout au long de l'histoire du Proche-Orient. Comme il est difficile de tracer des courbes sur l'argile avec un stylet, on a schématisé les dessins initiaux en une série de petits segments qui ont pris la forme de clous, la tête marquée par l'enfoncement du stylet et la queue, plus ou moins longue, par le retrait du stylet de l'argile. Comme on a aussi, peut-être pour écrire plus vite, fait pivoter les signes d'un quart de tour vers la gauche au 3 e millénaire av. J.-C., le souvenir direct du dessin originel s'est souvent perdu et les signes sont devenus plus abstraits.

L'écriture cunéiforme
L'écriture cunéiforme a été utilisée tout d'abord pour écrire la langue des Sumériens, qui en sont sans doute les inventeurs. Par la suite, beaucoup d'autres langues l'utiliseront : l'éblaïte, dans la région d'Alep en Syrie du nord ; le hittite en Anatolie, le hourrite en Mésopotamie du Nord, l'ougaritique sur la côte phénicienne, etc. Mais la langue akkadienne, écrite en cunéiforme, restera la principale langue du Proche-Orient, sorte de langue diplomatique, utilisée même par les rois d' Egypte pour leurs relations diplomatiques avec la Babylonie, l' Assyrie ou l'Anatolie.

Les autres écritures
L'écriture égyptienne a été déchiffrée grâce à une pierre en basalte noir retrouvée à Rosette (Rachid) en 1799 par un officier de l'armée de Napoléon Bonaparte pendant la campagne d'Egypte. Elle comportait un même texte rédigé dans trois langues, grec, hiéroglyphique égyptien et démotique égyptien.

Le texte grec fut vite traduit : il s'agissait d'un décret d'un pharaon. Des études plus anciennes avaient déjà permis de découvrir quelques principes de cette écriture (utilisation d'idéogramme, de syllabes, de cartouches, etc) mais sans arriver à un déchiffrement satisfaisant. C'est Champollion qui eût l'idée de comparer les noms royaux dans les cartouches aux noms de rois connus, et de chercher des parallèles systématiques entre la langue égyptienne ancienne et le Copte, encore utilisée en Egypte de nos jours, et prenant pour hypothèse que les deux langues étaient étroitement apparentées.


Les alphabets
C'est en Phénicie, une de principales zones d'échange du Proche-Orient, qu'apparaissent pour la première fois, à partir du 14 e siècle av. J.-C., de nombreux textes écrits avec un système d'écriture fondé sur la division des syllabes en consonnes et voyelles. On peut ainsi décomposer les syllabes en signes plus simples et beaucoup moins nombreux (une trentaine au lieu des quelque trois cents signes de l'écriture cunéiforme). La liste de ces signes ou lettres constitue ce que nous appelons "alphabet", d'après le nom des deux premières lettres de l'alphabet grec, alpha et bêta.

L'invention du principe de l'alphabet est sans doute plus ancienne, mais on ne sait pas encore dans quelle région il est apparu pour la première fois (Sinaï ou Egypte). Le premier alphabet largement diffusé fut inventé au 14 e siècle à Ougarit, avec des signes cunéiformes. Il fut abandonné à la fin du 13 e siècle et c'est un alphabet en écriture cursive adopté dans d'autres villes phéniciennes, en particulier à Byblos, au 13 e siècle, qui sera réutilisé plus tard pour écrire le grec et le latin.

Typologie des principaux textes mésopotamiens
Les civilisations proche-orientales ont utilisé l'écriture pour les besoins de l'administration et du gouvernement, mais aussi pour enregistrer les textes les plus importants de leur culture. C'est en Mésopotamie qu'a été conservée à plus grande variété de textes, en raison de la solidité du support utilisé, l'argile, qui a bien résisté au temps. Nous avons ainsi des dizaines de milliers de tablettes administratives, de lettres, textes juridiques (contrats, dossiers d'instructions de procès, jugements, recueils de lois), textes religieux (récits mythologiques, prières, prescriptions rituelles), textes épiques, inscriptions royales décrivant les hauts faits du roi, présages de toutes sortes, textes scientifiques (dictionnaires, astronomiques, mathématiques, etc), textes épiques, poétiques et de sagesse, etc.

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Pour en savoir plus
Sumer
Le hiéroglyphe égyptien
L'époque archaïque
Mésopotamie
L'éducation dans l'Antiquité
Le site archéologique de Mohenjo-daro
Les premières civilisations d'Asie
L'histoire des femmes
Vers une histoire linéaire
Mayas




 
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