 Les premières écritures
Les premiers signes
L'écriture a été
inventée pour les besoins de l'administration. Il
s'agit au début, en
Mésopotamie,
d'un système très rudimentaire, ne comportant que des
chiffres et des idéogrammes, sortes de petits dessins servant
à désigner des objets, des êtres animés ou des
idées. En Mésopotamie et en Elam (Iran), les premiers
signes sont tracés ou imprimés sur des sortes de boules
en argile contenant des jetons de formes différentes. Chaque
jeton représentait sans doute un objet ou une collection
d'objets. On pouvait ainsi garder souvenir de transactions ou
de procédures administratives. C'est sans doute pour
éviter d'avoir à briser la bulle à chaque
vérification qu'on a imprimé sur sa surface la forme
des jetons qu'elle contenait.
Ensuite, le système sera
simplifié et on se contentera de d'imprimer ou de tracer
les signes sur un morceau d'argile en forme de bulle aplatie ou
de parallélépipède : ce sont les premières
tablettes.
Signes idéographiques et syllabiques
Cette écriture évolua vers le
syllabisme lorsque les
Sumériens
eurent l'idée d'utiliser les signes pour leur valeur
phonétique. On put ainsi noter des particules qui
n'avaient pas de valeur sémantique simple (pronoms,
adverbes, etc.) et décomposer des mots complexes ou longs en
syllabes.
La forme des signes a évolué
tout au long de l'histoire du Proche-Orient. Comme il est
difficile de tracer des courbes sur l'argile avec un stylet, on
a schématisé les dessins initiaux en une série de
petits segments qui ont pris la forme de clous, la tête
marquée par l'enfoncement du stylet et la queue, plus ou
moins longue, par le retrait du stylet de l'argile. Comme on a
aussi, peut-être pour écrire plus vite, fait pivoter les
signes d'un quart de tour vers la gauche au 3
e
millénaire av. J.-C., le souvenir
direct du dessin originel s'est souvent perdu et les signes
sont devenus plus abstraits.
L'écriture cunéiforme
L'écriture cunéiforme a
été utilisée tout d'abord pour écrire la
langue des
Sumériens,
qui en sont sans doute les inventeurs. Par la suite, beaucoup
d'autres langues l'utiliseront : l'éblaïte,
dans la région d'Alep en
Syrie du nord ; le
hittite en Anatolie, le hourrite en Mésopotamie du Nord,
l'ougaritique sur la côte phénicienne, etc. Mais la
langue akkadienne, écrite en cunéiforme, restera la
principale langue du Proche-Orient, sorte de langue diplomatique,
utilisée même par les rois d'
Egypte pour leurs
relations diplomatiques avec la
Babylonie, l'
Assyrie ou
l'Anatolie.
Les autres écritures
L'écriture égyptienne a été déchiffrée grâce à une pierre en basalte noir retrouvée à Rosette (Rachid) en 1799 par un officier de l'armée de Napoléon Bonaparte pendant la campagne d'Egypte. Elle comportait un même texte rédigé dans trois langues, grec, hiéroglyphique égyptien et démotique égyptien.
Le texte grec fut vite traduit : il s'agissait d'un décret d'un pharaon. Des études plus anciennes avaient déjà permis de découvrir quelques principes de cette écriture (utilisation d'idéogramme, de syllabes, de cartouches, etc) mais sans arriver à un déchiffrement satisfaisant. C'est Champollion qui eût l'idée de comparer les noms royaux dans les cartouches aux noms de rois connus, et de chercher des parallèles systématiques entre la langue égyptienne ancienne et le Copte, encore utilisée en Egypte de nos jours, et prenant pour hypothèse que les deux langues étaient étroitement apparentées.
Les alphabets
C'est en Phénicie, une de
principales zones d'échange du Proche-Orient,
qu'apparaissent pour la première fois, à partir du
14
e
siècle av. J.-C., de nombreux textes
écrits avec un système d'écriture fondé sur
la division des syllabes en consonnes et voyelles. On peut ainsi
décomposer les syllabes en signes plus simples et beaucoup
moins nombreux (une trentaine au lieu des quelque trois cents
signes de l'écriture cunéiforme). La liste de ces
signes ou lettres constitue ce que nous appelons
"alphabet", d'après le nom des deux
premières lettres de l'alphabet grec, alpha et
bêta.
L'invention du principe de
l'alphabet est sans doute plus ancienne, mais on ne sait pas
encore dans quelle région il est apparu pour la première
fois (Sinaï ou Egypte). Le premier alphabet largement
diffusé fut inventé au 14
e
siècle à Ougarit, avec des
signes cunéiformes. Il fut abandonné à la fin du
13
e
siècle et c'est un alphabet en
écriture cursive adopté dans d'autres villes
phéniciennes, en particulier à Byblos, au 13
e
siècle, qui sera réutilisé
plus tard pour écrire le grec et le latin.
Typologie des principaux textes mésopotamiens
Les
civilisations
proche-orientales ont utilisé l'écriture pour les
besoins de l'administration et du gouvernement, mais aussi pour
enregistrer les textes les plus importants de leur culture.
C'est en
Mésopotamie
qu'a été conservée à plus grande
variété de textes, en raison de la solidité du
support utilisé, l'argile, qui a bien résisté au
temps. Nous avons ainsi des dizaines de milliers de tablettes
administratives, de lettres, textes juridiques (contrats, dossiers
d'instructions de procès, jugements, recueils de lois),
textes religieux (récits mythologiques, prières,
prescriptions rituelles), textes épiques, inscriptions royales
décrivant les hauts faits du roi, présages de toutes
sortes, textes scientifiques (dictionnaires, astronomiques,
mathématiques, etc), textes épiques, poétiques et de
sagesse, etc.
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