 L'ENIAC (Electronic Numerical Integrator And Computer) Le premier ordinateur en 1943 ne comportant plus de pièces mécaniques est créé grâce à J.Mauchly et J.Presper Eckert. Il est composé de 18’000 lampes à vide, et occupe une place de 1500 m2. Il fut utilisé pour des calculs ayant servi à mettre au point la bombe H.
Les technologies de l'information et de la communication
Les échanges internationaux sont
d'abord des échanges de biens et de personnes. Mais ils
sont aussi des échanges d'informations dont
l'importance ne cesse de croître. Les nouvelles
technologies de l'information et de la communication (NTIC)
comptent parmi les facteurs majeurs du changement
socio-économique.
L'activité du secteur du transport
repose sur un système composé de trois
éléments: les véhicules, l'infrastructure, les
techniques d'exploitation. Or ces trois composantes voient leur
poids relatif varier, de la naissance d'une technologie à
sa maturité, selon trois périodes successives, comme
l'a noté Michel Frybourg:
- la période des inventeurs, pendant laquelle
l'accent est mis sur la technologie du véhicule, le record
et la performance sportive (il suffit d'évoquer les
exploits liés aux traversées de la Manche et de
l'Atlantique par avion ou aux premières courses
automobiles);
- la période des bâtisseurs,
caractérisée par le développement des
infrastructures; il s'agit de parvenir à la meilleure
couverture géographique possible du territoire à
desservir et aussi de trouver des solutions aux problèmes de
capacité que ne manque pas de soulever le succès du mode
de transport concerné;
- la période des exploitants, qui
voit l'utilisation sur un ou plusieurs réseaux d'une
technique arrivée à maturité.
La «révolution immatérielle»
Jadis, lorsque l'on pensait aux
facteurs de progrès dans le secteur du transport, c'est
toujours vers la technologie que l'on se tournait, et bien plus
rarement vers l'innovation organisationnelle ou commerciale.
Les potentialités de ces dernières étaient pourtant
considérables. Aujourd'hui, on peut parler d'une
«révolution immatérielle» dans les transports,
dans la mesure où l'accent est mis sur la meilleure
utilisation possible des infrastructures disponibles, ce qui tend
à donner une importance grandissante à
l'amélioration des méthodes d'exploitation.
Les conditions de l'introduction de
l'informatique
et des télécommunications dans les entreprises sont
favorables à cette évolution. Les prix des matériels
de traitement de l'information n'ont cessé de baisser,
tandis qu'augmentaient les puissances de calcul et des
mémoires. Les logiciels généraux et
spécialisés se sont répandus: les sociétés
de transport (des PME aux grandes compagnies aériennes), mais
aussi les chargeurs qui recourent aux transporteurs et les
administrations qui sont des partenaires obligés dans le
secteur (telles les douanes) ont informatisé leur gestion.
Quand l'ordinateur conditionne les transports
Mais ce qui est plus spécifique dans
le secteur du transport, c'est que l'organisation même
du travail des chargeurs et transporteurs se trouve
conditionnée par l'utilisation de la
téléinformatique et des télécommunications. Le
transport maritime, routier et, plus récemment, aérien
utilise des réseaux de communications transitant par des
satellites, tel le réseau Inmarsat (International Maritime
Satellite Organization) pour les communications terre-navires.
L'utilisation des ordinateurs et des
réseaux de télécommunications revêt
désormais une importance centrale dans les stratégies
des entreprises de transport. Il suffit de considérer les
changements survenus sur les plans quantitatif (nombre de
passagers transportés) et qualitatif (complexification de la
circulation par suite du nombre d'engins, des fréquences
et de la régularité à assurer sur les
différents réseaux). Des systèmes
sophistiqués de contrôle de trafic et d'espacement
des différents convois permettent des fréquences
d'exploitation de plus en plus grandes: on prévoit ainsi
de transporter, vers 2015, quelque 40'000 passagers
à l'heure, ce qui rapprocherait le volume des
échanges intercités de celui qui existe aujourd'hui
à l'intérieur des agglomérations.
Le secteur des transports est
caractérisé par la grande
hétérogénéité de ses acteurs. S'il
compte de très grosses entreprises publiques ou privées
(ferroviaires, maritimes et aériennes), il rassemble aussi
des entreprises moyennes ainsi qu'un artisanat
particulièrement développé. C'est le cas
notamment pour le transport routier; du fait de cette
diversité constitutive, d'importants contrastes pourront
être constatés dans le recours aux outils de
télécommunication et de téléinformatique:
ainsi tel chauffeur de taxi préférera-t-il agir de
façon traditionnelle, attendant le client auprès des
stations et des bornes qu'il trouve sur son parcours; tel
autre s'abonnera au contraire à un central radio afin de
réduire ses attentes et de disposer de services annexes
comme l'indication de l'état du réseau routier
et de son encombrement.
Le rôle de l'informatique et des
télécommunications dans la régulation des transports
des biens et des personnes est considérable, de la gestion de
la signalisation par feux tricolores dans les agglomérations
jusqu'à celle du va-et-vient incessant des avions arrivant
ou quittant les aéroports. La gestion informatique des
transports participe également à la méthode de
production dite à flux tendu, qui repose sur
l'optimisation des stocks, donc sur une planification fine des
livraisons.
L'essor des réseaux de télécommunications
Les principes de certains moyens de
télécommunication sont anciens mais ont attendu longtemps
avant de se concrétiser dans les matériels répandus
aujourd'hui: c'est le cas pour la télécopie, dont
l'origine remonte au dépôt d'une demande de
brevet, le 27 mai 1843, pour un appareil de transmission
de documents écrits utilisant le réseau
télégraphique. La télécopie est donc
l'aînée du téléphone, contrairement à
ce que l'on pourrait croire. une aînée de
trente-trois ans, avant la double invention de Bell et Gray.
Un gadget qui fut un temps à la
mode consistait en un bouquet de fibres de verre dont les
extrémités s'ornaient d'une série de
points lumineux aux couleurs variées: c'est une
application du principe de transmission de la lumière par
une fibre de verre, qui est à la source de
l'établissement des réseaux de télévision
câblés.
La distribution mondiale des
télécommunications révèle de très grandes
inégalités: on compte 54 lignes téléphoniques
pour 100 Américains du Nord, alors que 100 Africains s'en
partagent 1. Encore cette indication ne fait-elle pas la
distinction entre les grandes villes comme Casablanca, Alexandrie
ou Johannesburg et les villages du
Congo
démocratique ou sahéliens: 80 % des 151'000
villages africains ne disposent d'aucun service
téléphonique, or la population africaine est à
70 % rurale. En Europe aussi les déséquilibres sont
grands, les deux extrêmes étant l'Albanie (2 lignes
pour 100 h.) et la France (50 lignes pour 100 h.).
Une nouvelle appréhension de l'espace et du temps
Entre New York et San Francisco,
la réduction des distances et des coûts est
éloquente. La durée nécessaire pour que soit
établie la communication entre ces deux villes est passée
de 14 min en 1920 à près de 2 min
en 1930, et à 1 min en 1970. Les trois
premières minutes de communication coûtaient 16 dollars
en 1920, en 1935 elles coûtaient 5 dollars, et 2,5
dollars en 1970.
Dans le domaine du transport des
informations, l'opposition va grandissant entre
géographie des distances et géographie de
l'accessibilité temporelle. Cette dernière
apparaît donc comme irréductible à la
précédente. Le facteur temps devient stratégique
dans la recherche de la compétitivité. La maîtrise
du temps et de l'espace géographique n'est possible
que grâce à la combinaison de divers modes de transport
qui dessinent un réseau optimal: nous entrons dans
l'ère du «transport multimodal».
Le temps du transport n'est
qu'un moment particulier dans une économie globale
d'échanges et de relations. Il peut suivre une
transaction électronique initiale (réservation ou
commande); sa mise en œuvre sera aussi redevable
d'échanges de données informatisées. On doit
aujourd'hui parler d'un système complexe
transports-communications, où les échanges
d'information ne sont plus accessoires mais constituent son
centre même.
La future géographie des relations
pourrait bien changer non de degré mais de nature, par suite
des mutations techniques dans les domaines du transport des
personnes, des biens et des informations. Depuis quelques
décennies, des bouleversements considérables se sont
produits en matière de gestion de l'espace. Les
politiques des principaux acteurs territoriaux ont pris en compte
ces changements. Les Etats accordent une grande attention aux
transports dans le cadre de l'aménagement du territoire.
Les simples particuliers ont aussi modifié leur relation
à l'espace et aux distances: mobilité quotidienne,
entre les domiciles et les lieux de travail; mobilité de
rupture, vers des lieux de vacances; mobilité de
proximité, en espace périurbain.
Ces évolutions,
accélérées par l'émergence continue
d'innovations techniques, n'ont pas encore produit tous
leurs effets sur l'économie et la société.
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