Voltaire fréquenta la cour de Sceaux au "temps de l'aimable Régence" en 1714, peut être dès 1713 et jusqu'en 1718. Il y revint entre 1745 et 1750.
La duchesse du Maine, aidée par un savant et un homme de goût, Nicolas de Malézieu, qui fut aussi son amant, avait fait de Sceaux un centre de vie mondaine et littéraire. Un ordre de chevalerie que présidait la maîtresse des lieux, "la mouche à miel" y avait été fondé.
On jouait des pièces de théâtre, on versifiait à tout propos. Le jeune Arouet y fit ses débuts dans le grand monde, paya son écot en improvisations poétiques, y créa sans doute ses deux premiers contes en prose, Le Crocheteur borgne, un rêve érotique dans un cadre oriental inspiré des Mille et une nuits, Cosi-Sancta, une "nouvelle africaine", illustrant la maxime "un petit mal pour un grand bien" et qui mêle allégrement allusions religieuses et polissonnes. Des contes en vers, Le Cadenas, Le Cocuage semblent avoir été écrits à cette époque.
La cour de Sceaux a perdu de son éclat quand Voltaire y revient en 1745. L'année suivante, il y fut reçu avec Emilie du Châtelet, on y joua Zaïre, La Prude. En 1750, Voltaire dédie Rome sauvée à la duchesse du Maine. Il part pour Potsdam et ne revit plus Sceaux.