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Les origines familiales de Voltaire


© Valérie Crugten-André, historienne


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François Arouet, le père de Voltaire
Collection Jean-Jacques Monney

Originaire du Poitou, la famille Arouet appartenait à la bourgeoisie de campagne et allait connaître une ascension sociale non négligeable. Vers 1605, le grand-père Arouet vint s'installer à Paris comme marchand de drap et de soie, conservant cependant quelques attaches avec la province de ses ancêtres.

 

Son fils François, le père du philosophe, rompit totalement avec ce passé campagnard : né dans la capitale, il y avait acquis une étude de notaire. Il était à proprement parler un bourgeois de Paris.

 

En 1683, il épouse Marie-Marguerite Daumard dont le père, greffier criminel au parlement, pouvait espérer un rapide anoblissement.

 

De cette union naîtront cinq enfants : Armand-François, Armand (le frère convulsionnaire), Marguerite-Catherine (la mère de Marie-Louise Denis de Madame de Fontaine et de l'abbé Mignot), Robert, et enfin, François-Marie.

 

Si l'on connaît presque tout de la vie de François-Marie Arouet, sa date de naissance, quant à elle, reste incertaine. Baptisé officiellement le 22 novembre 1694, l'enfant, de constitution fragile, serait né la veille, à Paris. Cette date est contestée par Voltaire lui-même qui, à plusieurs reprises, affirme avoir poussé son premier cri le 20 février 1694.

 

Pourquoi aurait-on ainsi falsifié l'état civil de l'enfant ? Voltaire a-t-il raison, se trompe-t-il de bonne foi ou se plaît-il à raconter des mensonges ? L'historien doit se contenter de conjectures. Il en va de même, d'ailleurs, de la prétendue bâtardise du grand homme qui, rappelons-le, réfute la paternité de François Arouet avec qui il entretenait des relations difficiles. Il se dit en effet le fils adultérin d'un certain Rochebrune (ou Roquebrune), client du notaire Arouet et chansonnier de son état, dont la compagnie semblait plus agréable à Madame Arouet que la triste figure et l'austérité janséniste de son mari.

 

De ce «père naturel», Voltaire aurait hérité la prédisposition à l'hydropisie et, peut-être, une certaine ressemblance physique. Affabulation d'écrivain, expression œdipienne d'un rapport conflictuel au père ou simplement vérité cachée ? Nul ne le saura probablement jamais.


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