Chef des esclaves révoltés contre Rome. Des origines de Spartacus, nous savons peu de choses : il était Thrace, de naissance libre ; il avait été soldat romain et, en tant que déserteur, il avait été vendu comme esclave.
Dans les années 75 av. J.-C., il est gladiateur à Capoue, ville de spectacles pour l'aristocratie romaine.
Peu de documents ont été conservés sur les révoltes d'esclaves qui se multipliaient dans l'Italie des IIe et Ier siècle av. J.-C. : silence officiel des classes supérieures (propriétaires des terres et du pouvoir) désireuses d'enfouir dans l'oubli toute trace de subversion contre l'Etat.
Plusieurs révoltes avaient déjà éclaté dans le sud de l'Italie, peuplé de dizaines de milliers d'esclaves travaillant sous la terreur dans les riches propriétés latifundiaires des sénateurs romains. Toutes ces insurrections avaient été réprimées, mais la révolte restait partout endémique. Des étrangers asservis et transplantés depuis les guerres victorieuses, pourvoyeuses de conquêtes et de prisonniers, l'attisaient.
En 73, à Capoue, Spartacus incite ses compagnons de jeux et de mort – tous sont gladiateurs – à l'évasion et à la révolte : soixante-treize s'enfuient avec lui, pillent des villas patriciennes, prennent des armes et se retirent sur les pentes du Vésuve. Malgré le préteur Glaber et ses 3’000 hommes, chargés de la répression, des milliers d'esclaves se joignent aux premiers révoltés : gladiateurs, bergers, ouvriers des champs et des ateliers ; bientôt c'est toute la Campanie servile qui se révolte.
A l'automne, après plusieurs victoires contre les troupes romaines, Spartacus commande 40’000 hommes. Son but est d'atteindre le Nord, c'est-à-dire les Alpes, le limes (la frontière), la liberté.
Dans l'été 72, Spartacus entreprend l'exode libérateur après avoir défait les deux consuls envoyés pour le vaincre, Gellius Publicola et le propréteur Quintus Arrius ainsi que le proconsul de la Gaule Cispadane, Cassius Longinus Varus. Sur son ordre, les prisonniers sont contraints, en signe de vengeance et d'inversion du rite sanguinaire, à s'entre-tuer en un gigantesque combat devant les esclaves.
Parvenu dans la plaine du Pô, Spartacus, par peur d'une bataille rangée, fait volteface : il rebrousse chemin vers le sud. A Rome, le sénat organise la répression, alors que la panique s'empare de l'aristocratie propriétaire, menacée dans son pouvoir et ses biens. Le préteur Marcus Licinius Crassus Dives obtient l'imperium, l'autorité suprême. Dans l'espoir de gagner la Sicile, Spartacus se replie sur Regium.
A la tête de 50’0000 hommes, Crassus prend l'offensive à l'automne 72, et, après plusieurs mois de harcèlements et de combats indécis, écrase les esclaves en Lucanie du Nord (mars 71) – il lui fallait vaincre avant que Pompée, en route pour le soutenir, ne lui confisque les honneurs de la victoire.
Spartacus trouve la mort dans cette dernière bataille. La répression est impitoyable et sanglante car c'est l'Etat qu'il faut préserver. Au prix de 6’000 prisonniers crucifiés sur la route de Capoue à Rome, les sénateurs peuvent reprendre sans crainte l'exercice de leurs pouvoirs à la tête de l'Etat et sur leurs terres.