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Le cinéma


Sommaire

 L'histoire du cinéma
 Les primitifs
 L'âge d'or du muet
 Le parlant et les années 1930
 L'après-guerre et les années 1950
 Le néoréalisme au cinéma
 La Nouvelle Vague


 


La première affiche de cinéma


 Le cinéma a fêté son centenaire en 1995. On a commencé très tôt - dès les années 1910 - à écrire l'histoire des techniques cinématographiques. À partir des années 1930, des synthèses abordant le cinéma du point de vue de l'art sont parues, tant aux États-Unis qu'en Europe : en France, le premier ouvrage de ce type est l'Histoire du cinéma de Robert Brasillach et Maurice Bardèche (1935).

Ce mouvement se poursuit avec les sommes encyclopédiques de Georges Sadoul (à partir de 1946), de Jean Mitry (premiers tomes parus dans les années 1960), de René Jeanne et de Charles Ford, qui sont toutes, d'une manière ou d'une autre, le recueil de souvenirs de personnes ayant vécu l'évolution du cinéma depuis le début du siècle.

 Avec l'Histoire comparée du cinéma de Jacques Deslandes et Jacques Richard (1966-1968), une nouvelle forme d'écriture de l'histoire du cinéma est née, marquée par un retour aux sources et par la prise en compte de questions de méthode jusque-là sous-estimées. Les travaux de Deslandes et Richard se sont malheureusement arrêtés à l'étude de la production jusqu'en 1906 ; des historiens nord-américains et italiens ont pris la relève.

 

La première question que pose l'histoire du cinéma est celle de la périodisation. La deuxième concerne la distinction des productions par pays, compte tenu des influences d'une cinématographie sur une autre et du rôle dominant du cinéma américain sur la scène mondiale - sauf en URSS et dans les pays de l'Est avant les années 1990.



Périodisation

Les critères de périodisation peuvent s'appuyer sur l'histoire politique et sociale, donc être externes au cinéma, ou bien sur les mutations propres à l'industrie cinématographique : mutations techniques, économiques ou formelles. Les périodes seront d'autant plus aisément délimitables que l'on pourra combiner les deux critères.

 

Du point de vue de l'histoire interne du cinéma, on peut discerner des paliers historiques à partir des phénomènes suivants : passage du court au long métrage, du cinéma muet au cinéma sonore et parlant, du noir et blanc à la couleur, de l'écran standard à l'écran large, accès de certains genres aux films à gros budget, modification de la base sociale des publics.

 

Ces critères combinés aux événements sociopolitiques permettent de distinguer cinq ou six périodes recouvrant, à chaque fois, de quinze à vingt années de production.

 

1895-1914

La période primitive s'achève avec le passage du court métrage au long métrage. Le triomphe commercial, en 1915, de Naissance d'une nation de D.W. Griffith marque le début de l'hégémonie du film de longue durée (supérieure à 80 min). Il correspond également à la modification du rapport des forces entre production française, jusqu'alors économiquement dominante, et production américaine. C'est aussi le moment où des firmes commencent à s'installer à Hollywood, qui vont se développer très vite pendant la guerre de 1914-1918. Il y a, pour cette période, coïncidence entre histoire politique et évolution économique du cinéma, la guerre ayant précipité le déclin des cinémas européens (français, mais aussi italien et scandinave).

 

1915-1929

La deuxième période se termine par la disparition brutale du cinéma muet, d'abord aux États-Unis, puis en Europe. À ce bouleversement technique et esthétique correspondent la crise économique de 1929 et ses répercussions en Europe, l'apparition des régimes totalitaires et les tentatives d'organisation étatique de l'industrie du cinéma, en Italie d'abord, puis en Allemagne. En France, en 1940, sous l'Occupation, est mis en place le Comité de l'organisation de l'industrie cinématographique (COIC), qui deviendra Centre national de la cinématographie (CNC) en 1946.

 

1930-1945

Ces quinze années voient le triomphe du modèle américain de production : c'est l'âge d'or des studios, qui se traduit par l'exportation massive des films hollywoodiens vers l'Europe et les autres continents. Bien entendu, cette exportation est brutalement interrompue par la guerre et l'occupation des pays européens par les armées allemandes. Il est donc nécessaire de distinguer l'histoire du cinéma américain, dont la période faste se prolonge jusqu'au début des années 1960, et l'évolution des autres cinématographies nationales.

 

1945-1960

A cette prolongation du règne américain répondent des formes minoritaires de résistance nationale : le néoréalisme en Italie, le «réalisme psychologique» en France, le réalisme socialiste en URSS. Cette période se termine par la crise des Majors hollywoodiennes et par l'affirmation de plus en plus concurrentielle, pour l'industrie du cinéma, de la télévision. Celle-ci provoquera d'ailleurs un regain d'intérêt pour le documentaire et suscitera une nouvelle esthétique au cinéma : le «cinéma direct», ou «cinéma vérité», notamment aux États-Unis (Richard Leacock), en France (Jean Rouch) et au Canada (Colin Low et Pierre Perrault).

 

1960-1980

Ces deux décennies sont marquées par une chute très importante de la fréquentation des salles de cinéma, dans la plupart des pays du monde. En même temps, de nouvelles formes d'écriture cinématographique apparaissent. D'abord en France, puis en Angleterre, en Italie, en Hongrie, en Tchécoslovaquie, au Brésil : c'est l'explosion des «nouvelles vagues». Le cinéma cesse d'appartenir aux médias de masse, cédant la place aux télévisions. Parallèlement, la production américaine entame une lente mutation qui se concrétise au début des années 1980 par le rachat des Majors (un magnat américain du pétrole s'empare de la 20th Century Fox ; Coca-Cola prend le contrôle la Columbia).

 

Pour lutter contre la crise, les producteurs révisent la politique qui avait été la leur depuis les débuts. En 1938, Walter Wanger avait déclaré : «les films doivent avoir un attrait égal pour tous de 8 à 80 ans, et doivent être également divertissants pour les membres de toutes les races, de toutes les nations et de toutes les organisations religieuses, politiques et fraternelles». Il s'agit désormais, au contraire, de cibler des publics partiels définis (telle classe sociale, telle minorité), quitte à ce que les produits, assurés d'un moindre profit, abaissent aussi leur coût de fabrication ; sauf, bien sûr, périodiquement, quelques films fédérateurs.

 

Depuis 1980

Durant la dernière période, c'est l'industrie électronique japonaise qui rachète les Majors (Sony s'empare de la Columbia, Matsushita de l'Universal), tandis que la production américaine se spécialise dans deux nouveaux genres : le film de science-fiction, après les triomphes de 2001 : l'Odyssée de l'espace (1968), de la Guerre des étoiles (1977) et de Rencontres du troisième type (1977) ; et le film fantastique et d'épouvante, après les succès de Shining (1979) et d' Alien (1979).

 

La place nouvelle de ces deux genres, auparavant cantonnés dans les productions de série «B» (à budget moyen pour public spécialisé), indique que le cinéma américain ne cherche plus à s'adresser au public adulte, devenu principalement téléspectateur, mais qu'il entend survivre et à nouveau triompher sur les écrans du monde grâce au public des adolescents, restés gros consommateurs de films en salles. Face à la nouvelle domination du marché mondial du cinéma par les États-Unis, les industries cinématographiques extra-américaines ont de plus en plus de mal à développer leur production, voire à seulement la maintenir.




 
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