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Dossier(s) : Personnages > Personnages Antiquité > Périclès ?, v. 495 - Athènes, 429 av. J.-C. © Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia
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Périclès
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Homme politique athénien. En grec Periklês. L'athénien Périclès a donné son nom à un «siècle» non pas tant par ses talents géniaux d'homme d'Etat, et surtout d'homme politique, que grâce à la durée tout à fait exceptionnelle de sa prééminence politique dans la démocratie athénienne, alors parvenue à son apogée.
Entre la fin de la deuxième guerre médique (479) et le début de la guerre du Péloponnèse (431), pendant les quelques décennies au cours desquelles sont définitivement fixées les lois démocratiques, la figure de Périclès personnifie la gloire et la puissance de sa cité.
On assiste à l'embellissement grandiose de l'Acropole et de l'Agora d'Athènes, l'art grec classique atteint son apogée et, surtout, l'hégémonie attique s'impose dans la mer Egée, à tel point que la ligue de Délos, confédération formée pour lutter contre les Perses, prend la forme d'un empire athénien. Cependant, le destin historique de Périclès est lié aux erreurs qui entraîneront Athènes et, avec elle, toute la Grèce dans les désastres d'une guerre sanglante et interminable, la guerre du Péloponnèse (431-404) : Athènes contre Sparte.
Un citoyen hors pair
Périclès semble
prédestiné dès sa naissance à un rôle de
citoyen hors pair. Membre par sa mère de la grande famille
aristocratique des Alcméonides, qui domine la vie politique
depuis qu'elle a chassé le tyran Hippias, il est le fils
du stratège Xanthippos, le vainqueur de la flotte perse au cap
Mycale, et d'Agaristê, la nièce du grand
Clisthène, fondateur de la démocratie athénienne. Le
jeune Périclès doit à la richesse de sa famille
d'avoir pour précepteurs des philosophes aussi illustres
que Zénon d'Elée et Anaxagore. Ce dernier, en
particulier, donnera à Périclès la trame de sa
pensée politique en professant que l'esprit (le noûs)
doit inspirer un homme, lequel à son tour doit inspirer une
cité, puis la
Grèce
entière contre les Barbares (
les Perses).
Périclès fera son apprentissage
d'homme d'Etat aux côtés d'Ephialtès,
chef du parti démocratique, qui s'attaque aux derniers
privilèges de l'oligarchie en réduisant les pouvoirs
de l'Aréopage. Après l'assassinat
d'Ephialtès par des partisans de l'oligarchie (v.
461), Périclès s'employa aussitôt à
compléter son œuvre, en prenant la direction du parti
démocratique opposé à Cimon. Instigateur de
réformes visant à octroyer la souveraineté à
l'ensemble des citoyens, il institua le graphê
paranomôn, sorte de recours constitutionnel, en cas
d'illégalité, autorisé à tous les citoyens,
et surtout la misthophorie, indemnité versée aux citoyens
pour leur participation aux institutions : boulè (Conseil) ou
héliée (tribunal populaire). En 451, Périclès
limita la citoyenneté aux seuls enfants de père et de
mère athéniens, pour éviter que les
métèques, de plus en plus nombreux et attirés par le
rôle économique d'Athènes, ne bouleversent
à la longue une démocratie fondée par de petits
propriétaires paysans; il mit fin à l'opposition de
l'oligarchie - dont le plus illustre représentant,
Thucydide, fut
frappé d'ostracisme.
Le constructeur de l'Empire athénien
C'est alors que Périclès
commença de s'opposer vigoureusement à la politique
du stratège Cimon, qui avait conduit Athènes à des
expéditions risquées à Chypre et en
Egypte, aventures
dont les désastres furent réparés à
grand-peine. Cimon mourut au cours de l'ultime expédition,
la paix fut enfin conclue avec les
Perses, assurant
l'hégémonie d'Athènes en mer Egée
(449), et Périclès put faire triompher sa politique
extérieure : Athènes allait imposer son
hégémonie à la Grèce entière, grâce
à la maîtrise de la mer, Périclès poursuivant
ainsi l'œuvre de Thémistocle, le vainqueur de
Salamine et le constructeur des Longs Murs (enceinte
d'Athènes et de son port). Périclès,
clairvoyant, comprit que cette hégémonie devait reposer
sur la prospérité et sur la paix. Athènes,
épuisée par trente ans de guerre contre les Perses et
affaiblie par ses revers en Asie Mineure, mit fin aux guerres
locales suscitées par Sparte en traitant directement avec
celle-ci ; elle renonça à Mégare et au
Péloponnèse, à l'exception d'Egine et
d'Eubée qui lui étaient cédées (446).
Pendant les quatorze ans qui
séparent cette trêve de la grande guerre contre Sparte,
jugée inévitable par Périclès, celui-ci va
être le principal constructeur de l'Empire
athénien. Principal artisan de l'impérialisme
athénien, Périclès commençe par imposer son
protectorat sur les alliés de la ligue de Délos, et
ramène le trésor confédéral à
Athènes, sur l'Acropole (454) - les gardiens
et gestionnaires (les hellénotames) étant tous des
Athéniens ; aussi Périclès, responsable officiel
des travaux publics, peut-il utiliser ce capital pour embellir la
cité ; cela suscite le mécontentement de ses
alliés et la révolte de l'Eubée (446) et de
Samos (440), écrasée par une expédition que
Périclès dirige personnellement.
Byzance s'insurgea également ;
la révolte fut dominée, et Byzance devint la sujette
d'Athènes. Contrôlant les détroits,
Périclès implanta des colonies sur la mer Noire
(Sinope, Amisos) en Thrace, en Chalcidique ; en Sicile, il
contracta des alliances contre Syracuse.
Jouissant d'un immense prestige
grâce à ses succès, utilisant au mieux des talents
exceptionnels d'orateur qui l'ont fait surnommer «
l'Olympien », bravant les critiques qui lui reprochaient
son concubinage avec la Milésienne Aspasie, obtenant de
l'Assemblée la possibilité d'enfreindre les lois
qu'il avait lui-même édictées (la
citoyenneté est accordée au fils que lui donne Aspasie),
Périclès est alors sans conteste le « prostate
» de la cité, son dirigeant non élu ; sans cesse
réélu pendant quinze ans à la charge de
stratège, il est celui dont l'avis prévaut.
Sparte contre Athènes
La puissance qu'il avait su donner
à Athènes menaçait d'étranglement ses
concurrentes sur mer, Corinthe et Mégare, qui finirent par
arracher aux Spartiates et aux Béotiens la déclaration de
guerre après l'intervention d'Athènes dans le
conflit de Corcyre : Athènes et Corcyre s'étaient
alliées, l'une dominant la mer Egée, l'autre la
mer Ionienne. Périclès, ayant repoussé les ultimes
ambassades spartiates, ne fut pas surpris de voir les
Péloponnésiens envahir l'Attique, en 431. Refusant le
combat terrestre avec les Spartiates, invincibles sur terre, il
voulait vaincre par la mer. Il mit donc la population de
l'Attique à l'abri des Longs Murs. Cette décision
eut des conséquences catastrophiques. L'Attique fut
ravagée ; les petits paysans assistèrent, du haut des
remparts, à l'incendie de leurs biens ; un pilier de la
démocratie s'effondrait. Le refus de combattre rendit
Périclès si impopulaire qu'il fut mis en accusation :
il devait rendre compte de l'utilisation des « fonds
secrets » de guerre. Rappelé dans ses fonctions la
même année, il mourut peu après dans
l'épidémie de peste qui ravageait Athènes
enfermée dans ses murs.
Avec la mort de Périclès se
terminait le temps de la splendeur, le temps où Athènes
fut, selon l'orgueilleuse expression que Thucydide prête
à Périclès, « l'école de toute la
Grèce ».
«Le siècle de Périclès»
« Nous aimons une beauté simple
» : ces mots que Thucydide prête à
Périclès résument parfaitement l'idéal du
grand homme d'Etat athénien dans le domaine des arts. Cet
idéal trouva une application immédiate dans la
nécessité de parfaire la reconstruction
d'Athènes (laissée en ruine au départ des Perses
en 479 av. J.-C.), entreprise par Thémistocle et Cimon, qui
avaient paré au plus pressé en entourant la ville
d'une enceinte fortifiée.
A peine la paix de 449 était-elle
conclue avec la Perse que Périclès fait édifier
sur la plate-forme du Pyrgos, à l'ouest de
l'Acropole, le temple d'Athéna Nikê («
Victorieuse »). Il s'assura ensuite de la collaboration
du grand sculpteur Phidias, des architectes Callicratès et
Ictinos pour mener à bien la partie la plus ambitieuse de
son programme : l'aménagement de l'Acropole. Rendue
plus accessible par une nouvelle route comportant un
embranchement qui menait à l'éperon rocheux du
Pyrgos, la citadelle de l'ancienne Athènes, perdant son
caractère de forteresse, fut dotée de monuments
nouveaux : le Parthénon, les nouveaux Propylées
(conçus et réalisés par Mnésiclès de 437
à 432), le nouvel Erechthéion (421-406), avec sa
célèbre tribune des Cariatides.
Sur le flanc méridional de
l'Acropole, Périclès fit entreprendre, en 445, la
construction de l'Odéon, l'une des plus belles salles
de concert du monde grec, achevée vers 443. A l'endroit
où fut bâti cet édifice, détruit par un
incendie en 86 av. J.-C., on a retrouvé des ruines
appartenant à une construction qui, très
vraisemblablement, respecte le plan originel. Situés comme
l'Odéon en dehors du complexe architectural de
l'Acropole, les temples d'Héphaïstos (449-444) et
d'Arès (440-436), au nord-ouest de l'Agora, ont
été eux aussi érigés sur l'initiative de
Périclès, qui ajouta bientôt à ses
réalisations de prestige de grands travaux d'utilité
publique : la construction des Longs Murs et l'édification
de la nouvelle ville du Pirée. Les Longs Murs avaient pour
fonction, en réunissant Athènes au Pirée, de faire
de l'ensemble formé par la cité et son port une sorte
d'îlot artificiel imprenable. Mégare et
Callicratès furent les architectes de cet imposant
système défensif commencé vers 461 et achevé en
443-442.
Hors d'Athènes, à Eleusis,
Périclès décide la reconstruction du
Telestérion, ou temple des Mystères, confiée à
Ictinos, Coroïbos et Xénoclès. Au cap Sounion, il
fit ériger les temples de Poséidon (444-440) et
d'Athéna. A Rhamnonte, autre petite ville de
l'Attique, on commença les travaux de construction du
temple de Némésis (436-432), édifice qui ne fut
jamais achevé : la guerre du Péloponnèse interrompit
les travaux, ainsi que pour les Propylées et
l'Erechthéion.
Assez curieusement, Périclès, qui
eut largement recours à Phidias et à ses plus brillants
élèves, Alcamène et Agoracrite, aussi bien
qu'à Crésilas (actif vers 440-430), auteur
présumé du buste par lequel nous connaissons les traits
de l'homme d'Etat, n'a jamais fait appel à Myron
(actif vers 450-435), le sculpteur du Discobole, jugé
peut-être trop réaliste, trop loin de la «
beauté simple ».
Les œuvres de l'historien
Hérodote, des
philosophes Anaxagore, Protagoras et
Socrate, des
poètes tragiques
Sophocle et
Euripide
témoignent, parmi d'autres, que le « siècle de
Périclès » fut l'époque la plus brillante
de l'histoire athénienne et grecque.
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