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Dossier(s) : Personnages > Personnages Epoque Moderne > Michel-Ange Caprese, près d'Arezzo, 1475 - Rome, 1564 © Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia
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Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni Portrait par Daniele da Volterra
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Le génie artistique
Sculpteur, peintre et architecte italien. Michelangelo Buonarroti. Le nom de Michel-Ange évoque à lui seul le génie artistique. Les remarquables qualités dont il a fait preuve dans les domaines les plus divers lui ont acquis une place incontestée: sculpteur, peintre, architecte et aussi poète, il personnifie l'union de l'art et de la pensée, à travers des œuvres d'une originalité inégalée.
La puissance créatrice et les qualités expressives des œuvres de Michel-Ange, leur intensité caractéristique sont l'illustration de sa vision du monde. La lutte permanente de la matière et de l'esprit qui se manifeste dès ses premières réalisations se chargera au fil du temps d'une angoisse grandissante.
La carrière de Michel-Ange commence dans un monde artistique en pleine mutation: les artistes, jusque-là très dépendants des corporations, se rapprochent de la sphère raffinée et cultivée des commanditaires, qui s'entourent de philosophes et de lettrés et considèrent désormais les artistes à leur service comme des intellectuels. Si le statut des créateurs change de façon notable, leurs puissants protecteurs entendent utiliser l'art au profit de leurs ambitions tant privées que politiques, et imposent des projets grandioses.
Sculpteur avant tout
Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange,
naît en 1475 dans une famille de «citoyens
libres», à Caprese, près d'Arezzo, en Toscane.
L'année de sa naissance, l'enfant est placé en
nourrice chez la femme d'un tailleur de pierres. Si son
père n'encourage guère ses dons manifestes pour le
dessin, il consent à ce qu'il entre, dès 1488,
dans l'atelier de l'un des peintres florentins les plus
actifs de l'époque, Domenico Ghirlandaio. Celui-ci
s'était vu confier la réalisation des fresques du
chœur de Santa Maria Novella, auxquelles Michel-Ange a
probablement participé.
L'enseignement qu'il reçoit
dans ce cadre ne semble pas l'influencer durablement:
dès ses débuts, il existe chez Michel-Ange une tendance
à s'éloigner de ce qui caractérise l'art
florentin de la fin du XV
e
siècle. Se détournant
des orientations de son époque, il se consacre à des
recherches plus personnelles qui trouvent leur inspiration dans
l'art de la fin du XIV
e
siècle et du début du
XV
e
siècle. Les œuvres de
Giotto et de
Masaccio, par
leur aspect synthétique et leur style grandiose,
correspondent à l'esprit de vérité vers lequel
tend Michel-Ange.
Dans les copies de ces œuvres, il
révèle déjà une force et un dynamisme dans le
relief qui témoignent d'une intensité dramatique
rare. Grâce à la protection de Laurent de Médicis,
l'accès au jardin de San Marco, qui rassemble une
collection d'antiques, lui permet d'étudier la
sculpture et de côtoyer les humanistes proches des
Médicis, comme Politien, Marsile Ficin et Pic de La
Mirandole, auprès desquels il s'initie à la
civilisation
classique et à la philosophie
néoplatonicienne.
Il réalise ses premières sculptures sous la direction
de Bertoldo di Giovanni, lui-même élève de
Donatello, dont
l'influence se fait sentir par l'emploi d'un relief
écrasé dans la Madone à l'échelle
(1490-1492). Quant au Combat des Lapithes et des Centaures
(1492), il doit beaucoup à la chaire de Nicola Pisano à
Pistoia, mais la vigueur que le sculpteur parvient à donner
à ce groupe annonce les réalisations à venir.
La mort de Laurent de Médicis et la
menace d'une invasion poussent Michel-Ange à partir pour
Bologne en 1494, où on lui demande d'achever le
tombeau de saint Dominique: il sculpte deux figures de Saints et
un Ange dont les volumes sont fortement marqués et
s'opposent à la grâce des réalisations de
la Renaissance.
Un voyage à Rome, en 1496, lui permet d'entrer en
contact plus étroit avec les œuvres antiques, dont la
monumentalité retient son attention. Son goût,
désormais empreint de classicisme, s'exprime dans le
Bacchus, commande du banquier Jacopo Galli exécutée
de 1496 à 1497: inspirée du canon du
sculpteur grec Polyclète, l'œuvre est conçue
comme une statue de jardin pouvant être vue de tous
côtés.
Une autre commande importante lui
échoit durant ce séjour romain: à la demande
d'un cardinal français, il exécute de 1497
à 1499 un groupe représentant une Pietà,
destiné à l'oratoire de sainte Pétronille et
placé depuis dans la basilique du Vatican. Le thème
choisi par Michel-Ange pour son premier chef-d'œuvre
sculpté est alors plus fréquent en peinture. La Vierge,
dont le visage à la fois pathétique et doux domine de
sa pureté l'ensemble de la composition, reçoit le
corps du Christ dans les plis de sa robe. Le travail du marbre
permet d'obtenir des effets de lumière, rendus par le
mouvement des plis, qui dirige le regard vers le visage de la
Vierge. Ce groupe, signé de la main du sculpteur et
exposé en 1500, témoigne d'une maîtrise
parfaite et apporte à son auteur une notoriété qui
dépasse l'Italie.
Les premières années du
XVI
e
siècle voient le retour de
Michel-Ange à Florence, où le gonfalonier Piero di
Tommaso Soderini mène alors une politique de prestige,
favorable à la production artistique. A cette période
appartiennent les grandes œuvres sculptées, dont
certaines sont inspirées par un profond sentiment religieux,
comme le groupe représentant une Vierge à l'Enfant,
acheté par des marchands flamands et connu sous le nom de
Madone de Bruges. En 1501, Michel-Ange esquisse pour
l'autel Piccolomini de la cathédrale de Sienne le projet
de quatre statues de saints, qui seront exécutées
en 1504 dans le même style précis que la
Pietà.
Au cours de ces mêmes années,
Michel-Ange entreprend de se mesurer aux maîtres anciens, dont
les travaux, caractérisés par l'utilisation du marbre
et la réalisation d'œuvres de grande taille,
correspondent à ses aspirations. Ainsi, lorsque -
toujours en 1501 - on lui confie un énorme bloc de
marbre de plus de 4 m de haut, dont plusieurs artistes
n'avaient pu tirer une figure, il taille une statue de David
destinée à la place du palais de la Seigneurie à
Florence. Pour cette œuvre gigantesque, il choisit de ne pas
reprendre l'épisode illustré par Donatello, mais de
représenter le berger au moment où il se prépare au
combat contre le géant Goliath: l'accent est mis sur la
vigilance du héros et l'action en devenir. Michel-Ange
dépasse le modèle classique idéal en conférant
à cette figure hors normes une réalité humaine qui
s'exprime par une tension dynamique qui parcourt
l'anatomie. Ce «nu héroïque», le premier
comparable à ceux produits dans
l'Antiquité,
devient le symbole des idéaux politiques de Florence. De la
commande de statues colossales des douze apôtres pour Santa
Maria del Fiore, seul est commencé le Saint Matthieu (1503),
qui restera inachevé.
Peintre inlassable
En 1501,
Léonard de
Vinci expose à Florence le carton préparatoire de sa
Sainte Anne, suscitant un grand intérêt parmi les
artistes. Des dessins de Michel-Ange en témoignent: il en
retient une nouvelle forme d'interprétation du rapport
entre les personnages, traduits par des masses puissantes, et
l'espace qu'ils occupent. Deux médaillons en relief,
les Tondo Pitti et Tondo Taddei, bien que traités dans le sens
de la vigueur plastique, en sont une illustration. Influencé
par Léonard, Michel-Ange trouve des solutions à l'une
de ses principales préoccupations: la conquête d'un
espace permettant d'isoler la figure humaine afin de tendre
à l'universalité.
En 1504, il se trouve en
concurrence avec Vinci pour la décoration de la salle du
Conseil du Palazzo Vecchio. Leurs projets respectifs ne sont pas
menés à terme, et les cartons seront détruits peu
après. Dans la Bataille de Cascina, pendant de la Bataille
d'Anghiari de Vinci, Michel-Ange choisit de représenter
un épisode secondaire dans lequel les soldats florentins,
surpris au repos, manifestent une grande agitation. Le thème
dominant du corps humain nu est l'occasion pour Michel-Ange
de démontrer ses connaissances en anatomie; la
représentation d'attitudes variées et de raccourcis
savants va contribuer à assurer sa réputation de
peintre. Copié avant sa disparition, ce carton a pu devenir
un modèle pour les peintres contemporains.
En 1505, Michel-Ange abandonne les
travaux en cours et quitte Florence pour Rome à la demande du
pape Jules II, qui lui a commandé un tombeau monumental,
destiné à la basilique Saint-Pierre, encore
inachevée. La réalisation du mausolée est
interrompue, certains désaccords entre le commanditaire et
l'artiste ayant provoqué le départ de ce dernier pour
Florence en 1506. Le pape, qui tient beaucoup à
reconstruire la basilique, veut confier à Michel-Ange la
décoration à fresque de la voûte de la chapelle
Sixtine et obtient finalement son retour à Rome en 1508.
Celui-ci, laissé libre du choix de l'iconographie,
représente des scènes de l'Ancien Testament, qui
viennent compléter les fresques déjà peintes sur les
parois latérales. Le plafond, de 40 m de long, est
divisé en douze zones, sur lesquelles est plaquée une
fausse architecture. La partie inférieure, délimitée
par les lunettes des fenêtres, est décorée de
grisailles qui illustrent les malheurs de l'humanité. A la
base de la voûte se trouvent les trônes des
Prophètes et des Sibylles: ces intermédiaires entre le
monde divin et l'humanité sont représentés
consultant des livres ou méditant des pensées. Au-dessus
d'eux, sur de faux pilastres qui séparent la voûte en
neuf compartiments alternativement carrés et rectangulaires,
des adolescents nus, les Ignudi, soutiennent des boucliers de
bronze et encadrent les plus petites scènes. Parmi les
épisodes qui illustrent la Création, les scènes les
plus proches de l'autel - Dieu séparant la
lumière des astres, la Création d'Adam - sont
traitées d'une manière large et utilisent des effets
de raccourcis et des proportions gigantesques qui font
apparaître la figure de Dieu sous l'aspect d'un fleuve
antique. Elles s'opposent en cela aux scènes que
décrivent la Création d'Ève, la Tentation ou
l'Ivresse de Noé, plus fidèles à
l'équilibre classique. Les Ancêtres du Christ, dans
les triangles placés entre les trônes, et le Serpent
d'airain, dans une lunette d'angle, annoncent le style du
Jugement dernier . La grande diversité avec laquelle sont
traitées les figures qui décorent la voûte de la
chapelle Sixtine ne nuit en rien à l'intensité
spirituelle qui se dégage de la composition,
considérée comme la plus aboutie de Michel-Ange. A
l'harmonie qui règne entre la forme et la couleur
répond celle qui émane du sujet biblique, amplifié
par la vision néoplatonicienne de l'artiste, qui fait
coïncider tradition chrétienne et valeurs
esthétiques de l'Antiquité classique. Cet immense
travail est achevé en 1512, et Michel-Ange peut alors
recommencer à sculpter et reprendre le projet du tombeau de
Jules II.
Les tombeaux des Médicis
En 1516, à la demande du pape
Léon X, Michel-Ange retourne à Florence pour
travailler à la façade de San Lorenzo; il y reste
jusqu'en 1534: cette période, à
l'opposé du séjour romain, se distingue par une
prédominance accordée à la sculpture
- son art de prédilection - et à
l'architecture. En dépit de leur état
d'inachèvement, quatre statues de Prisonniers ou
d'Esclaves sont installées dans les jardins Boboli. Elles
sont l'illustration parfaite de la sculpture de Michel-Ange,
qui veut que la forme apparaisse comme dégagée de la
matière.
En 1519, le maître est
chargé de construire la Nouvelle Sacristie de San Lorenzo,
qui doit abriter la chapelle funéraire des Médicis. Ce
projet lui donne l'occasion d'associer les trois arts et
de concevoir un programme iconographique mêlant la foi
chrétienne et les idées néoplatoniciennes sur
l'immortalité de l'âme. L'architecture
utilise des effets de contrastes de couleurs (marbre blanc et
pierre grise), de lignes verticales et horizontales, et de
lumière (zone inférieure laissée dans l'ombre
et coupole très éclairée). Les statues des ducs
Julien et Laurent surmontent les sarcophages sur lesquels sont
couchées des figures dont la forme est inspirée des
représentations de fleuves antiques: le Jour et la Nuit,
l'Aurore et le Crépuscule suggèrent
l'écoulement du temps qui mène à la mort. Les
ducs tournent leurs visages méditatifs vers une Vierge
à l'Enfant pleine de mélancolie. Des statues et des
fresques prévues pour compléter le décor n'ont
pas été réalisées.
Dans le même temps, Michel-Ange
construit, à partir de 1524, la bibliothèque
Laurentienne, caractéristique d'un autre aspect de son
œuvre architecturale. La conception du vestibule de ce
bâtiment échappe à l'échelle humaine:
Michel-Ange utilise des éléments architecturaux
classiques, habituellement réservés aux façades, et
les détourne de leurs fonctions afin d'obtenir un effet de
dramatisation de l'espace. Ce choix est en opposition totale
avec la tradition architecturale du Quattrocento. Durant cette
période, en dehors de dessins à caractère
allégorique qui témoignent d'un style différent,
les œuvres picturales sont peu nombreuses dans la production
de Michel-Ange; il semble désormais préférer des
figures humaines plus denses.
Michel-Ange : la Nuit
La chapelle Sixtine
En 1534, le nouveau pape,
Paul III, confirme la commande d'une fresque pour le mur
du fond de la chapelle Sixtine, qui doit représenter le
Jugement dernier. Michel-Ange se fixe définitivement à
Rome et travaille à cette œuvre jusqu'en 1541.
Le choix de l'artiste s'écarte résolument de
l'iconographie traditionnelle: il imagine une composition
mouvementée, sans encadrement architectural et
s'organisant autour de la figure du Christ, qui attire tous les
regards. Le geste de celui-ci impose un ordre à
l'assemblée de nus athlétiques dont le style est le
prolongement de celui des dessins de la période
précédente. L'atmosphère lugubre de cette
fresque aux couleurs métalliques est le reflet de la crise
spirituelle que traverse Michel-Ange à cette époque et
qui s'exprime également dans des dessins à sujets
religieux. Les idées du milieu réformateur catholique
qu'il fréquente alors lui inspirent aussi la
décoration de la chapelle Pauline au Vatican.
L'intensité et le style de la
Conversion de saint Paul (1542-1545) sont proches de ceux du
Jugement, bien que la gamme de couleurs se soit éclaircie. La
Crucifixion de saint Pierre, dernière œuvre peinte de
Michel-Ange, laisse apparaître un sentiment de détresse
face au caractère implacable de la scène qui se
déroule dans un climat de calme troublant; la couleur est plus
transparente et plus délicate, presque plus sereine.
L'activité de Michel-Ange se concentre sur la sculpture,
et plus particulièrement sur le thème de la pietà,
qu'il traite trois fois entre 1550 et 1564. Si, dans
le domaine de la peinture, la forme reste la manifestation
essentielle, la sculpture s'oriente de plus en plus vers un
aspect inabouti. La Pietà da Palestrina (vers 1540), la
Pietà da Santa Maria del Fiore, destinée à sa tombe
et où Michel-Ange s'est représenté sous les
traits de Nicodème, et la Pietà Rondanini -
inachevée au moment de sa mort, en 1564, et qui fond en
une seule masse le Christ et sa mère - sont ses
dernières œuvres sculptées
Le chantier de Saint-Pierre
Dès 1529, à l'occasion
du siège de Florence, Michel-Ange s'est
intéressé à l'architecture militaire.
En 1538, le réaménagement de la place du Capitole
lui permet de mettre en application ses idées sur
l'architecture. Il existe, selon lui, une relation entre les
éléments architectoniques du bâtiment et
l'espace qu'il occupe; la perception de l'espace
dépasse le seul monument, lequel est véritablement
pensé comme un des éléments de
l'urbanisme.
Pour ce site, occupé depuis
l'Antiquité, il imagine un ensemble architectural
parfaitement cohérent réunissant monuments anciens et
modernes. Du dessin du pavement à la transformation des
palais des Sénateurs et des Conservateurs et à leur
intégration à cette place trapézoïdale, qui
devient l'axe d'une composition marquée en son
centre par la statue équestre de Marc Aurèle, tous les
détails concourent à l'équilibre et à la
réussite du projet conçu par Michel-Ange. Il
achève le palais Farnèse, commencé à la
Renaissance par Antonio da Sangallo: son intervention porte sur
le premier étage - qu'il surélève
au moyen d'une corniche accentuant l'effet
d'horizontalité - sur la fenêtre
centrale, le troisième étage et l'ordonnance de la
cour intérieure. Il aménage l'église
Sainte-Marie-des-Anges, dans les thermes de
Dioclétien,
et donne le dessin de la Porta Pia (1561-1565), conçue comme
un édifice indépendant qui doit s'insérer dans
le plan d'urbanisme. Michel-Ange, devenu architecte de la
papauté en 1547, consacre les dernières
années de sa vie aux travaux de la basilique
Saint-Pierre.
A la suite d'autres architectes, il
reprend le projet de Bramante, auquel il imprime son sens
plastique. L'ensemble témoigne d'un grand dynamisme,
qui anime les lourdes masses traitées comme une immense
sculpture. La caractéristique de ce monument réside
dans la lisibilité d'une composition essentiellement
organisée autour de la coupole. Pour celle-ci, Michel-Ange
adopte un parti différent de celui choisi par Bramante, qui
voulait s'inspirer de la coupole du Panthéon.
L'influence du Dôme de Florence est sensible dans la
coupole (terminée par Giacomo Della Porta), dont
l'élan vertical, accentué par le jeu des nervures
qui dirige le regard vers la lanterne, est contrebalancé par
les fortes corniches du bâtiment et par
l'horizontalité de la colonnade.
Le génie multiforme de Michel-Ange a
été célébré de son vivant, notamment par
Vasari dans sa biographie de l'artiste (1550). Ses
préoccupations esthétiques, qui l'amènent à
privilégier la forme et le mouvement, s'éloignent de
celles d'artistes comme
Raphaël et
Léonard de Vinci, plus proches du classicisme issu de la
Renaissance. Une vision personnelle du monde confère aux
travaux de Michel-Ange une dimension qui dépasse l'humain
et lui permet, par la création de formes nouvelles,
d'anticiper maniérisme et baroque.
Michel-Ange à Bologne
Michel-Ange rentra à la maison paternelle après la mort de Laurent le Magnifique en 1492. Au même moment, Savonarola commençait ses violentes prédications ; et selon les témoignages de l'époque, l'artiste en fut très affecté après avoir lu avec attention ses avertissements. Peu de temps auparavant, le roi français Charles VIII fit fuir de Florence les Médicis, famille protectrice de l'artiste, alors il se réfugia d'abord à Venise puis à Bologne.
Il séjourna à Bologne pendant environ un an, hôte du gentilhomme Gianfranco Aldrovandi. Michel-Ange admira les reliefs de Jacopo della Quercia et réalisa un bas-relief pour l'église de San Petronio (malheureusement il fut détruit). Aldrovandi, homme de culture, lui demanda de terminer les travaux de l'église de San Domenico, préalablement commencé par Nicolò dell'Arca, interrompus par le décès de ce dernier. Ainsi Michel-Ange réalisa les dernières statuettes qui manquaient : celles du Saint protecteur de la ville Petronio, de San Procolo, d'un Ange porte-candélabre.
Cela dut être une tâche peu passionnante pour l'artiste, mais de ces premières statues que l'on ait de lui et de la puissante distribution des masses plastiques, du drapé et de la solidité, on sent déjà la passion qui animera ses oeuvres successives.
Ce fut le premier séjour de l'artiste à Bologne. Il y reviendra une seconde fois. Il obtint l'importante tâche de la réalisation du tombeau du Pape Jules II, mais il s'aperçut d'avoir été relégué au second plan par rapport au Bramante et à son nouveau projet pour l'église de Saint Pierre. Après avoir passé huit mois à Carrara pour choisir les meilleurs marbres pour le projet du tombeau, Michel-Ange déçu et jaloux, quitta Rome pour un autre bref séjour à Bologne.
© Commune de Bologne
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