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Dossier(s) : Personnages > Personnages Epoque Moderne > Gutenberg, Johannes Mayence, entre 1394 et 1399 - id, 1468 © Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia
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Johannes Gutenberg
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Imprimeur allemand. Johannes Gutenberg quitte Mayence en 1430 et s'installe à Strasbourg, où, en association, il monte un atelier de taille des pierres précieuses, puis vers 1437, se lance dans la fabrication de miroirs.
A partir de 1436 et jusqu'à 1444 se déroule une période d'activité secrète pendant laquelle, avec ses associés, il va mettre au point une technique d'impression révolutionnaire: l'impression à caractères mobiles. C'est un procès intenté à Gutenberg en 1444 qui a permis de percer ce secret.
La xylographie
Après la copie des livres à la
main au Moyen Age, le XV
e
siècle s'ouvre à la
connaissance, et la demande en livres est plus importante: on
publie des livres xylographiques, obtenus par gravure de chaque
page dans du bois dur et imprimés ensuite avec une presse
rudimentaire. Il semble que le Hollandais Laurens Janszoon
d'Haarlem ait eu l'idée, vers 1423 ou 1437,
de découper des caractères en hêtre, à la
manière des Chinois, qui avaient déjà essayé ce
procédé vers 1040. Le matériau utilisé,
trop fragile, facilement déformable et instable en fonction de
l'hygrométrie, marquait la limite des techniques utilisant
le bois.
La métallographie
Quant à la technique
métallographique, elle serait née en Hollande et
consistait à frapper un bloc métallique à l'aide
de poinçons reproduisant les caractères, dans l'ordre
du texte, puis à couler un alliage en fusion sur la plaque en
creux, afin d'obtenir le texte gravé en relief. Les
résultats n'étaient pas à la hauteur des
espérances.
La typographie
Dès 1436, Gutenberg
s'intéresse donc à
l'imprimerie
et s'adjoint plusieurs associés; un commanditaire, Jean
Riffe: un orfèvre, Hans Dünne, sans doute chargé de
graver les poinçons; un menuisier, Conrad Sahspach,
chargé de construire une presse à bras; et deux aides,
Andrès Dritzehem et Andrès Heilman; et c'est dans le
plus grand mystère que Gutenberg et ses associés vont
travailler pendant plusieurs années à la mise au point de
la technique d'impression par typographie . Pour réussir,
il faut disposer d'une forme de caractères en relief,
d'une encre convenable et d'une presse d'usage
suffisamment commode pour ne pas ralentir exagérément les
opérations de tirage.
Au départ, Gutenberg cherchait sans
doute à améliorer le procédé
métallographique; mais il dut se rendre à
l'évidence que la solution passait par la création
de caractères (les types ) indépendants,
réutilisables à l'infini (du moins
théoriquement), et obtenus en série par moulage
plutôt que par gravure. Gutenberg utilise un alliage de
plomb, d'étain et d'antimoine; le moule est
gravé au poinçon, et le métal fondu est
coulé. La fabrication des types doit être suffisamment
précise pour que la surface des caractères montés
dans la forme, c'est-à-dire le bloc de types
assemblés, se situe dans un même plan; un nouveau
métier apparaîtra, celui de fondeur de
caractères.
La presse
En ce qui concerne la presse, les minutes d'un
procès qui oppose en 1439 les héritiers de
Dritzehem, décédé, aux autres associés nous
renseignent un peu sur sa conception; elle pouvait être
déjà relativement évoluée, munie d'un
chariot mobile portant la forme, et d'un châssis support
de la feuille à imprimer. De toute façon, la presse,
conçue au milieu du XV
e
siècle, restera
inchangée durant 300 ans.
L'encre utilisée par Gutenberg
était à base d'huile. Quant à l'invention
proprement dite des types moulés, mobiles, elle se situe sans
doute au plus tôt en 1440. Par suite de difficultés
au sein de l'association, Gutenberg se trouve en 1448
à Mayence, où le financier Johann Fust lui consent un
prêt important, l'outillage de Gutenberg servant de
garantie. Le secret étant toujours de mise, il semble que
l'ensemble du procédé soit au point en 1450.
Revers professionnels
Mais nouvelles difficultés, nouveau
procès en 1455, avec Johann Fust cette fois, et que
Gutenberg perd. Le voilà complètement ruiné, sans
outillage et sans ressources. L'édition de la Bible, la
fameuse Biblia sacra latina , tirée à 300 exemplaires et
comportant 1 282 pages - à 42 lignes par page - sort la
même année, sans doute préparée par Gutenberg
mais probablement imprimée par Fust. Et, en 1457, le
livre de Psaumes, le Mainzer Psalterium , est publié sous les
signatures de Fust et de son gendre Peter Schöffer qui avait
été le meilleur élève de Gutenberg; on a tout
lieu de penser que cet ouvrage était cependant l'oeuvre de
Gutenberg.
En 1465, Adolphe II de Nassau,
archevêque-électeur de Mayence, anoblit Gutenberg et
l'accueille dans sa résidence d'Eltwill; il lui
alloue un traitement annuel sous forme de grains, de
vêtements et de vin! Il semble que Gutenberg n'ait plus
guère travaillé ensuite.
Quant à son invention, elle se
répand très rapidement en Europe occidentale; des
ateliers de typographie se créent dans les capitales et dans
les grandes villes; pour le reste du XV
e
siècle, on estime à au
moins 30'000 le nombre d'éditions différentes
tirées, soit 15 à 20 millions d'exemplaires
imprimés.
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