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La vie de Voltaire

21 novembre 1694, Paris - 30 mai 1778, Paris
© Raymond Trousson, professeur

Sommaire

 Les origines familiales de Voltaire
 Le collège Louis-le-Grand
 Voyage de Voltaire à La Haye
 Des châteaux à la Bastille
 Arouet devient Voltaire
 La bastonnade de Rohan
 L'exil de Voltaire en Angleterre
 Les démêlées de Voltaire avec la censure
 A Cirey avec Madame du Châtelet
 Voltaire, le courtisan
 Voltaire et Emilie du Châtelet
 Voltaire, chambellan de Frédéric II
 L'affaire Akakia
 Voltaire à Genève aux Délices
 Voltaire, le patriarche de Ferney
 La croisade contre l'Infâme
 Voltaire et les "affaires"
 Voltaire et Jean-Jacques Rousseau
 Rupture avec Jean-Jacques Rousseau
 Voltaire et les tsarines
 Voltaire, le seigneur de village
 Pour la réforme de Turgot
 Voltaire, l'aubergiste de l'Europe
 Voltaire fait ses Pâques
 La mort de Voltaire à Paris


 



Archives René Pomeau


On ne résume pas l'existence d'un Voltaire.

 

Comment la raconter en quelques faits, alors qu'elle fut si riche et incroyablement remplie ?

 

La petite histoire pourrait se satisfaire des anecdotes : son séjour en Hollande, les onze mois passés à la Bastille en 1717, l'ignominieuse bastonnade d'un poète, le voyage essentiel en Angleterre, l'épisode de Cirey ou la science et la philosophie aux côtés de Madame du Châtelet, la pénible expérience de Potsdam auprès du roi du Prusse, les vingt-trois années d'exil à Genève et à Ferney.

 

Autant d'étapes qui jalonnent une chronologie, mais ne font pas une vie.

 

Voltaire a bien entrepris des Mémoires, mais ils déçoivent ceux qui y cherchent aveux et confidences. Voltaire n'est pas Rousseau, il ne fait pas de "Confessions", sa pudeur et sa retenue toutes classiques à l'égard du moi l'éloignent de l'exhibitionnisme de Jean-Jacques. Protée insaisissable, il lui plaît de revêtir des identités diverses : pour attaquer ou se défendre, il est notamment le pasteur Bourn, Jérôme Carré, le rabbin Akib ou Josias Roselle. Mais il livre des idées, non des états d'âme. Socialement, l'homme fut en apparence comblé : poète officiel qui célèbre le mariage du Dauphin ou la victoire de Fontenoy, historiographe de France, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. Homme d'affaires avisé enfin, grand propriétaire, adroit gestionnaire qui fit la prospérité de Ferney.

 

Pourtant, sa vraie vie n'est pas là. Elle est dans son activité incessante, dans son intarissable créativité, toujours vivace à quatre-vingts ans. Sa vie, ce sont ses combats d'intellectuel engagé. Bien au-delà du poète couronné qu'on aurait oublié aujourd'hui, il y a le défenseur des Calas, de Sirven, de La Barre, «le Don Quichotte des malheureux» que la foule acclame en 1778 à Paris. Il a été, salué par tous, le chef du parti «philosophique», admiré et adulé, haï souvent. Des haines qui, mieux encore que l'admiration, témoignent de l'importance de son action contre l'ordre établi.